Objectifs

Pour un bon usage des médicaments contre l'anxiété et la dépression :

- toujours sur prescription medicale,

- en étant informé et rassuré sur les effets à en attendre,

- et surtout en se sentant impliqué et actif dans une démarche de soin pour aller mieux : se prendre en charge, changements d'hygiène de vie, ouverture aux autres, psychothérapie, etc.

Bonne lect
ure !                                                     mediKpsy

1. Traitement à prendre tous les jours

       (ne pas sauter de prises, il s'agit d'un traitement de fond)

2. Posologie prescrite à respecter rigoureusement

       (les doses sont adaptées à chaque personne; trop basses ou trop élevées, les effets ne

        pas satisfaisants)

3. S'attendre à une apparition progressive des effets au cours des quatre premières semaines

       (certains symptômes peuvent s'améliorer plus tôt, mais l'amélioration globale réelle 

       prend quelques semaines) 

4. Poursuivre le traitement au moins six mois s’il est efficace

       (l'arrêter avant expose à un risque de rechute très net)

5. Poursuivre le traitement même en cas d’effets secondaires précoces, s’ils sont tolérables

       (la plupart des effets secondaires initiaux - nausées, fatigue - disparaissent en

       quelques  jours) 

6. Contacter le médecin, notamment par téléphone, en cas d’effets secondaires gênants et avant d’arrêter les prises

      (des conseils simples peuvent être suffisants pour gérer ces effets secondaires)

7. Prévenir le médecin des effets secondaires durables (poids, effets sexuels, …)

     (ils sont rares mais potentiellement gênants, donc n'ayez aucune honte à en parler pour avoir des solutions, plutot que d'arrêter le traitement...)

8. Ne pas arrêter brutalement le traitement

     (sauf urgence, un arrêt progressif sur quelques semaines est toujours préférable)

9. Ne pas conduire de véhicule en cas d’effets sédatifs

     (si votre vigilance n'est pas bonne ou que vous vous sentez ralenti, évitez tout risque et

     parlez-en à votre médecin)

10. Prévenir le médecin en cas d’idées suicidaires

     (son travail est de vous aider dans ces situations angoissantes)


Cette liste contient tous les noms des médicaments (noms de marque ou génériques)

Attention: l’appartenance d’un médicament à une classe ne limite pas forcément ses effets à cette classe (par exemple, beaucoup des médicaments classés comme antidépresseurs sont efficaces contre les troubles anxieux).

Abilify Antipsychotique
Alprazolam Anxiolytique
Amisulpride Antipsychotique
Anafranil Antidépresseur
Anxyrex Anxiolytique
Atarax Anxiolytique
Athymil Antidépresseur
Barnétil Antipsychotique
Bromazépam Anxiolytique
Buspar Anxiolytique
Buspirone Anxiolytique
Carbamazépine Thymorégulateur
Citalopram Antidépresseur
Clomipramine Antidépresseur
Clopixol Antipsychotique
Clozapine Antipsychotique
Covatine Anxiolytique
Cymbalta Antidépresseur
Défanyl Antidépresseur
Dépakine Thymorégulateur
Dépakote Thymorégulateur
Dépamide Thymorégulateur
Déroxat Antidépresseur
Diazépam Anxiolytique
Dipipéron Antipsychotique
Divarius Antidépresseur
Dogmatil Antipsychotique
Donormyl Hypnotique
Effexor Antidépresseur
Elavil Antidépresseur
Equanil Anxiolytique
Equitam Anxiolytique
Euphytose Anxiolytique
Fluanxol Antipsychotique
Flunitrazépam Hypnotique
Fluoxétine Antidépresseur
Fluvoxamine Antidépresseur
Halcion Hypnotique
Haldol Antipsychotique
Havlane Hypnotique
Humoryl Antidépresseur
Imovane Hypnotique
Ivadal Hypnotique
Ixel Antidépresseur
Lamictal Thymorégulateur
Largactil Antipsychotique
Laroxyl Antidépresseur
Léponex Antipsychotique
Lexomil Anxiolytique
Lithium Thymorégulateur
Lorazepam Anxiolytique
Loxapac Antipsychotique
Ludiomil Antidépresseur
Lysanxia Anxiolytique
Marsilid Antidépresseur
Meprobamate Anxiolytique
Mépronizine Hypnotique
Miansérine Antidépresseur
Moclamine Antidépresseur
Modécate Antipsychotique
Moditen Antipsychotique
Neuleptil Antipsychotique
Neurolithium Thymorégulateur
Neurontin Thymorégulateur
Noctamide Hypnotique
Noctran Hypnotique
Noctyl Hypnotique
Nopron Hypnotique
Norset Antidépresseur
Novazam Anxiolytique
Nozinan Antipsychotique
Nuctalon Hypnotique
Orap Antipsychotique
Paroxétine Antidépresseur
Pertofran Antidépresseur
Phénergan Hypnotique
Piportil Antipsychotique
Prothiaden Antidépresseur
Prozac Antidépresseur
Quietiline Anxiolytique
Risperdal Antipsychotique
Rivotril Anxiolytique
Rohypnol Hypnotique
Sémap Antipsychotique
Seresta Anxiolytique
Séroplex Antidépresseur
Séropram Antidépresseur
Solian Antipsychotique
Stablon Antidépresseur
Stilnox  Hypnotique
Stresam Anxiolytique
Sulpiride Antipsychotique
Surmontil Antidépresseur
Synédil Antipsychotique
Tégrétol Thymorégulateur
Témesta Anxiolytique
Téralithe Thymorégulateur
Tercian Antipsychotique
Théralène Hypnotique
Tiapridal Antipsychotique
Tiapride Antipsychotique
Tofranil Antidépresseur
Topiramate Thymorégulateur
Tranxène Anxiolytique
Trileptal Thymorégulateur
Urbanyl Anxiolytique
Valium Anxiolytique
Veratran Anxiolytique
Victan Anxiolytique
Vivalan Antidépresseur
Xanax  Anxiolytique
Zoloft Antidépresseur
Zolpidem Hypnotique
Zopiclone Hypnotique
Zyban Antidépresseur
Zyprexa Antipsychotique

 

Attention: l’appartenance d’un médicament à une classe ne limite pas forcément ses effets à cette classe (par exemple, beaucoup des médicaments classés comme antidépresseurs sont efficaces contre les troubles anxieux).

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CANICULE ET MEDICAMENTS PSYCHOTROPES

La canicule qui s'étend actuellement sur le France doit conduire les personnes âgées ou fragilisées à se protéger des risques de déshydratation et de "coup de chaleur".

 

En plus des conseils rappelés pour l'ensemble de la population (hydratation constante, repos à l'ombre et dans des lieux raffraichis, etc.), les personnes prenant des traitements psychotropes doivent faire l'objet d'une surveillance médicale plus attentive. Certains médicaments risquent en effet d'aggraver les conséquences biologiques de la chaleur.

C'est surtout le cas des neuroleptiques ou "antipsychotiques" (Zyprexa, Risperdal, Solian, Largactil, Haldol, etc.). Les personnes qui prennent ces traitements ne doivent bien sûr pas les arrêter par elles-mêmes ni en modifier les doses. Elles doivent en revanche consulter un médecin si elles ne l'ont pas fait depuis plusieurs semaines, et le faire en urgence si elles se sentent faibles, ont des vertiges, des sueurs et surtout de la fièvre. Elles doivent également éviter de s'exposer directement au soleil car certains neuroleptiques favorisent l'apparition de "coups de soleil".

L'autre type de médicament psychotrope qui peut poser des problèmes liés à la chaleur est le lithium (Téralithe ou Neurolitium), qui peut augmenter la déshydratation. Les patients qui en prennent doivent également consulter leur médecin plus fréquemment en cas de chaleur, boire beaucoup d'eau et rajouter  éventuellement plus de sel dans leur alimentation que d'habitude.

Les antidépresseurs et les anxiolytiques posent moins de problèmes, mais les personnes âgées et affaiblies peuvent être plus sensibles à des effets de somnolence et donc réagir avec retardement à des signes physiques de défaillance. SI vous avez des proches qui prennent ces médicaments, parlez-en avec eux pour les aider à boire et à se raffraichir et les inciter à consulter si c'est nécessaire.

Dans tous les cas cependant, il ne faut pas arrêter seul un traitement prescrit par un médecin, et donc demander un avis, éventuellement par téléphone, pour savoir quoi faire. Il s'agit de précautions importantes mais qui ne doivent pas cependant augmenter l'angoisse de toutes les personnes qui suivent ces traitements car, dans la très grande majorité des cas, tout se passe bien !

 

Une série d'articles intéressants sur le sommeil et ses troubles, réalisée par Science et Avenir :

http://ura1195-6.univ-lyon1.fr/articles/savenir/troubles/troubles.html

 

- Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive (adresses thérapeutes) : http://www.aftcc.org/

 - Association Francophone de Formation et de Recherche en Thérapie Comportementale et Cognitive (informations) : http://www.afforthecc.org/

 - Association Française des Troubles Anxieux (informations) : www.afta-anxiete.org

 - Association Médiagora-Paris (agoraphobie, phobies sociales) : http://mediagora.free.fr/

 - Association Française des personnes souffrant de Troubles Obsessionnels et Compulsifs (TOC) : http://perso.club-internet.fr/aftoc/

Pour aller bien sans médicament (quand c'est possible !) : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/273811699X/qid=1141684083/sr=1-1/ref=sr_1_0_1/402-5185718-6903313

Sur les antidépresseurs :http://fr.wikipedia.org/wiki/Antid%C3%A9presseur

Pour se détendre : http://lesiconoblastes.free.fr/accueil.htm

 

Communiqué de presse de l'Agence du médicament (mars 2006)

"L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) diffuse une Mise au point sur le bon usage des antidépresseurs au cours de la dépression chez l’enfant et l’adolescent destinée aux professionnels de santé. Ce document rappelle que le traitement de première intention des troubles dépressifs est psychothérapique. La mise en place d’un traitement médicamenteux est possible dans certaines situations particulières, mais elle doit être accompagnée d’une surveillance étroite du patient et de la recherche de tout signe d’apparition d’un comportement suicidaire".

Une recommandation raisonnable puisqu'elle incite à la prudence dans cette tranche d'âge, sans exclure la possibilité de prescrire dans certains cas difficiles à soigner autrement.

Pour plus de détails : http://afssaps.sante.fr/htm/10/filcoprs/060301.htm

 

 

 

Les points favorables  

des médicaments anxiolytiques*

Les points qui peuvent

vous faire hésiter

 

 

- Les effets positifs sur l’anxiété apparaissent assez rapidement, vous devriez donc savoir dès les premiers jours si ce traitement peut vous aider.

 

- Ce type de médicament peut vous aider à passer un cap difficile, en réduisant la tension nerveuse et ses conséquences, et ensuite d’envisager d’autres solutions plus durables.

 

- Vous saurez également assez vite si vous supporterez bien ce traitement (les effets secondaires, quand ils existent, apparaissent tôt).

 

- Des ajustements fins de la posologie peuvent souvent aider à trouver la dose optimale (efficace et bien supportée).

 

- Si vous respectez bien la prescription de votre médecin (posologie et durée), vous ne risquez que très peu de problèmes.

 

 

 

- Il ne s’agit que d’un traitement symptomatique, qui n’a pas d’effets curatifs à long terme. Si votre anxiété est ancienne, il faudra trouver rapidement une solution plus durable.

 

- Il faut réellement éviter de prolonger le traitement au-delà de 12 semaines, au risque de voir se développer une dépendance.

 

- Le suivi de cette prescription nécessite des consultations régulières, au moins une fois par mois.

 

- Si vous avez tendance, avec d’autres substances comme le tabac ou l’alcool, à devenir dépendant, méfiez-vous particulièrement de ce risque avec les anxiolytiques.

 

- Il faudra vous abstenir de boire de l’alcool pendant ce traitement, et être prudent vis-à-vis de la conduite automobile.

 

* l’essentiel de ce tableau concerne les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines.

 

 

 

Pour les médecins :

Risque élevé de rechute dépressive durant la grossesse en cas d'arrêt du traitement.

JAMA. 2006 Feb 1;295(5):499-507.

Relapse of major depression during pregnancy in women who maintain or
discontinue antidepressant treatment.

Cohen LS, Altshuler LL, Harlow BL, Nonacs R, Newport DJ, Viguera AC, Suri R,
Burt VK, Hendrick V, Reminick AM, Loughead A, Vitonis AF, Stowe ZN.

Perinatal and Reproductive Psychiatry Clinical Research Program, Department of
Psychiatry, Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School, Boston, Mass
02114, USA. lcohen2@partners.org

CONTEXT: Pregnancy has historically been described as a time of emotional
well-being, providing "protection" against psychiatric disorder. However,
systematic delineation of risk of relapse in women who maintain or discontinue
pharmacological treatment during pregnancy is necessary. OBJECTIVE: To describe
risk of relapse in pregnant women who discontinued antidepressant medication
proximate to conception compared with those who maintained treatment with these
medications. DESIGN, SETTING, AND PATIENTS: A prospective naturalistic
investigation using longitudinal psychiatric assessments on a monthly basis
across pregnancy; a survival analysis was conducted to determine time to relapse
of depression during pregnancy. A total of 201 pregnant women were enrolled
between March 1999 and April 2003 from 3 centers with specific expertise in the
treatment of psychiatric illness during pregnancy. The cohort of women was
recruited from (1) within the hospital clinics, (2) self-referral via
advertisements and community outreach detailing the study, and (3) direct
referrals from the community. Participants were considered eligible if they (1)
had a history of major depression prior to pregnancy, (2) were less than 16
weeks' gestation, (3) were euthymic for at least 3 months prior to their last
menstrual period, and (4) were currently or recently (<12 weeks prior to last
menstrual period) receiving antidepressant treatment. Of the 201 participants,
13 miscarried, 5 electively terminated their pregnancy, 12 were lost to
follow-up prior to completion of pregnancy, and 8 chose to discontinue
participation in the study. MAIN OUTCOME MEASURE: Relapse of major depression
defined as fulfilling Structured Clinical Interview for DSM-IV [Diagnostic and
Statistical Manual of Mental Disorders, Fourth Edition] Diagnosis (SCID)
criteria. RESULTS: Among the 201 women in the sample, 86 (43%) experienced a
relapse of major depression during pregnancy. Among the 82 women who maintained
their medication throughout their pregnancy, 21 (26%) relapsed compared with 44
(68%) of the 65 women who discontinued medication.
Women who discontinued
medication relapsed significantly more frequently over the course of their
pregnancy compared with women who maintained their medication (hazard ratio,
5.0; 95% confidence interval, 2.8-9.1; P<.001). CONCLUSIONS: Pregnancy is not
"protective" with respect to risk of relapse of major depression. Women with
histories of depression who are euthymic in the context of ongoing
antidepressant therapy should be aware of the association of depressive relapse
during pregnancy with antidepressant discontinuation.

Avant ou après une consultation chez un médecin généraliste ou un psychiatre, beaucoup de patients s’interrogent sur les médicaments psychotropes et surtout sur les effets à en attendre. Peurs excessives, craintes de la stigmatisation, ou à l’inverse confiance aveugle, ces attitudes liées à la méconnaissance entravent le bon déroulement des traitements. Certaines questions sont difficiles à poser aux médecins, et ceux-ci ont rarement le temps d’y répondre dans le détail.

 

Ce guide est destiné en priorité aux personnes souffrant d’anxiété, de dépression ou d’insomnie, et à leurs proches. Il propose un accompagnement pas à pas des différents types de traitement, de la première consultation à l’arrêt du médicament. Il répond à toutes les questions sur les prises du traitement, les délais d’action, les effets secondaires, les risques de dépendance, etc. Il se place toujours dans la situation de prescriptions médicales encadrées, respectant les règles de bonne pratique et de surveillance, à l’inverse de l’auto-médication. Le but est avant tout de donner le sentiment au lecteur de comprendre le sens de son traitement pour éviter toute erreur et lui redonner un rôle actif dans sa guérison. C’est ainsi que des méthodes d’actions non-médicamenteuses sont proposées à chaque étape pour amplifier et consolider les effets thérapeutiques : techniques de gestion du stress, éléments de thérapies comportementales et cognitives, relaxation, etc.

 

Au total, ce guide aide à se soigner en confiance et sans risque, lorsque les médicaments sont rendus indispensables par l’intensité des troubles. Le lecteur y trouvera les moyens de rendre le traitement le plus efficace et le plus sûr possible pour, finalement, ne pas avoir à les prendre plus longtemps ou plus souvent que nécessaire.

Par le Docteur Antoine PELISSOLO : psychiatre, praticien hospitalier à la Pitié-Salpétrière, chercheur au CNRS, enseignant à l’Université Paris 6, membre de l’Association Française de Thérapies Comportementales et Cognitives, et expert auprès de l’agence française du médicament.

Article paru dans le magazine « Femmes d’aujourd’hui » (27 octobre 2005)

Interview du Dr Antoine Pelissolo par Anne Deflandre

1. Comment savoir si on souffre d'une dépression ou d'un simple coup de blues ?

2. Faut-il d'office prendre des médicaments ?

3. Existe-t-il de nombreux traitements médicamenteux? Comment savoir lequel peut convenir à son cas personnel?

4. Comment savoir si le traitement est efficace ou s'il vaut mieux en changer?

5. Y a t-il des effets secondaires ?

6. Faut-il en parler à l'entourage ?

7. Doit-on prendre ce traitement toute sa vie ? Comment s'organise le sevrage?

8. Les ados et les femmes enceintes ou allaitantes peuvent-ils prendre un traitement? 

9. Peut-on envisager des traitements alternatifs et lesquels (psychothérapie, relaxation, oméga 3...)?

 1. Comment savoir si on souffre d'une dépression ou d'un simple coup de blues ?

           Dans le doute, il vaut mieux pêcher par excès de prudence que par négligence. Consulter son médecin traitant voire un thérapeute psychologue ou psychiatre peut toujours être bénéfique, même pour être rassuré. Les médecins se basent sur plusieurs types de critères pour définir un état pathologique : l’intensité de la souffrance (pas un simple vague à l’âme), sa durée prolongée, et les conséquences qui en découlent. Si vous êtes très triste, angoissée, désespérée, épuisée depuis plus de 15 jours quasiment en permanence, si vous n’avez plus le goût à rien, si vous avez perdu l’appétit et le sommeil, si vous vous trouvez nulle et laide, si vous n’arrivez plus à vous concentrer sur un travail ou une lecture, si vous pensez qu’il vaudrait mieux en finir, vous êtes très probablement dans une phase dépressive. Mais la plupart des dépressions ne sont pas heureusement aussi graves, et quelques-uns de ces symptômes peuvent « suffire » à définir une dépression pathologique, quand ils sont prolongés et qu’ils retentissent sur la vie quotidienne. En tout cas, il ne faut pas se baser sur les circonstances extérieures pour juger de l’état d’une personne : qu’il existe ou non de « bonnes raisons » d’aller mal, l’essentiel est de savoir si la personne souffre de manière excessive ou non. Le meilleur critère pour confirmer un état dépressif est le constat d’un changement complet, d’une véritable rupture par rapport à son comportement et sa personnalité habituelle.

 2. Faut-il d'office prendre des médicaments ? 

 

             Il est recommandé aux médecins de ne pas prescrire de médicament antidépresseur après une seule consultation, et cela pour plusieurs raisons. D’abord, comme je l’ai dit, le diagnostic peut être difficile et il vaut toujours mieux vérifier l’état de la personne à plusieurs jours d’intervalle. Les dépressions légères ne nécessitent pas de traitement médicamenteux, et une prise en charge psychologique peut être beaucoup plus utile. Il est nécessaire d’être en confiance avec le médecin qui prescrit le traitement, et qu’il en ait expliqué l’intérêt et les effets, cela peut prendre plusieurs rendez-vous. Pour autant, il ne faut pas dramatiser une prise éventuelle d’antidépresseur : si elle est encadrée médicalement, si elle s’intègre dans un ensemble d’éléments de soins plus larges, et si on se sent en confiance, les chances de guérir sont maximales. Comme les médecins n’ont pas toujours le temps nécessaire pour répondre à toutes les questions que l’on se pose, j’ai pensé utile d’écrire un guide d’accompagnement et de familiarisation à l’égard de ces médicaments.

 3. Existe-t-il de nombreux traitements médicamenteux? Comment savoir lequel peut convenir à son cas personnel?

          Il ne faut pas confondre les différentes familles de médicaments psy, qui ont des utilisations et des effets très différents : les antidépresseurs, les anxiolytiques, les somnifères, les neuroleptiques et les thymorégulateurs. Pour ce qui est des antidépresseurs, il en existe une dizaine que les médecins prescrivent actuellement couramment, et ils sont classés en 3 ou 4 types. Le choix du traitement adéquat pour une personne donnée doit vraiment être fait par un médecin car il dépend de nombreux critères individuels et précis. Il ne faut surtout pas décider d’un traitement sous prétexte qu’il a fait du bien à une personne que l’on connaît et qui semblait souffrir du même mal.

 4. Comment savoir si le traitement est efficace ou s'il vaut mieux en changer?

            Il faut attendre au moins deux ou trois semaines pour juger des effets d’un antidépresseur. Les améliorations apparaissent en général progressivement et dans un ordre variable : d’abord moins d’anxiété, puis le retour des envies, de l’appétit, du sommeil, etc. Le but est de retrouver toutes ses capacités et ses réactions normales, mais ceci est rarement obtenu avant un mois ou deux. Si rien ne change, ou que l’amélioration est insuffisante après un ou deux mois, il est nécessaire de discuter d’un changement de médicament avec le médecin. Il est parfois utile d’essayer 2 ou 3 antidépresseurs pour trouver celui qui convient bien à une personne donnée. Mais l’erreur très souvent commise est d’arrêter le traitement trop tôt de son propre chef, alors que les effets thérapeutiques auraient pu apparaître un peu plus tard.

 5. Y a t-il des effets secondaires ?

             Les antidépresseurs actuels sont dans l’ensemble plutôt faciles à prendre et bien tolérés. Environ 15% des patients ont des effets secondaires plus ou moins gênants. Certains apparaissent très tôt, dès les premiers jours, et disparaissent en général assez rapidement même en continuant à prendre le médicament. Il s’agit le plus souvent de nausées, de somnolence, d’anxiété ou de difficultés à dormir. D’autres effets secondaires peuvent cependant persister sur des durées plus longues, voire tout au long du traitement : des troubles sexuels (diminution de la libido, retard à l’éjaculation) et une prise de poids notamment. Il faut signaler ces problèmes au médecin car ils peuvent assez souvent être améliorés. Dans tous les cas, les effets secondaires, que l’on ne peut pas prévoir pour une personne donnée, disparaissent lorsque le traitement est arrêté.

 6. Faut-il en parler à l'entourage ?

             Les problèmes psychologiques et les médicaments qui les traitent font encore l’objet, malheureusement, de certains tabous, ce qui peut entraîner des réactions de rejet de la part de certaines personnes. Vous avez le droit de considérer ces problèmes comme très personnels et ne pas en parler si vous craignez ce genre de réactions, notamment quand vous allez le plus mal. Cependant, quand les choses commencent à s’améliorer, il peut être bon d’expliquer ce qui est arrivé pour ne pas rester sur des malentendus et préserver de bonnes relations ultérieures. La dépression ou l’anxiété ne sont pas des tares ni des fautes, elles peuvent toucher tout un chacun (environ une personne sur cinq) aucune culpabilité n’est justifiée. Lorsqu’une personne qui va très mal ne parvient pas à s’en sortir seule, et quand elle s’expose à des risques graves, il est indispensable d’impliquer l’entourage.

 7. Doit-on prendre ce traitement toute sa vie ? Comment s'organise le sevrage?

            Lorsqu’il est efficace, un antidépresseur doit être pris au moins six mois pour éviter les rechutes. Lorsque la personne a déjà souffert de plusieurs dépressions longues et répétées, le traitement peut être poursuivi plus longtemps. Il faut cependant savoir que les antidépresseurs, contrairement aux anxiolytiques, n’engendrent pas de dépendance. Il est possible de les arrêter quand on le décide avec le médecin, sans réel problème. Le choix du moment de cet arrêt est important (après plusieurs mois de rémission et en dehors d’une période de stress), et il doit se faire progressivement sur plusieurs semaines. Un arrêt brutal, surtout si la dose était élevée, peut créer des troubles physiques ou psychiques qui disparaissent en quelques jours sans gravité, mais il vaut mieux ne pas procéder ainsi !

 8. Les ados et les femmes enceintes ou allaitantes peuvent-ils prendre un traitement?

            La question des adolescents et des enfants n’est pas facile. La plus grande prudence est de mise car on manque de recul. En premier choix, les psychothérapies sont donc préférables. Cependant, en cas de trouble sévère et persistant, certaines prescriptions sont possibles mais relèvent des spécialistes et d’une surveillance particulière. Pour ce qui est de la grossesse et de l’allaitement, les recommandations générales sont clairement à l’abstention, surtout par prudence. A certains stades de la grossesse, des prescriptions sont cependant possibles mais doivent être faites de manière prudente et décidée au cas par cas.

 9. Peut-on envisager des traitements alternatifs et lesquels (psychothérapie, relaxation, oméga 3...)?

         Les dépressions peu sévères doivent être traitées sans médicament dans un premier temps, surtout par une aide psychologique, de la relaxation, un changement d’hygiène de vie, etc. Les produits présentés comme naturels ou non dangereux doivent toujours être considérés avec prudence : ils ont rarement fait la preuve de leur efficacité, sont parfois coûteux, et peuvent avoir des effets secondaires non annoncés. Il vaut toujours mieux prendre l’avis d’un professionnel, et surtout réévaluer les résultats à des échéances assez proches.

 

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