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Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 11:14
Vitamine D, comme Dépression ?

   Sans en faire une explication universelle et encore moins la solution miraculeuse à toutes les pathologies, il apparaît de plus en plus qu’une carence en vitamine D peut constituer un facteur de risque significatif pour plusieurs pathologies psychiatriques, notamment les dépressions et les schizophrénies. La vitamine D est essentielle pour permettre l’absorption du calcium et du phosphore dans l’intestin et dans les reins, ce qui explique qu’une carence forte conduise à des états physiques altérés comme le rachitisme et l’ostéomalacie (fragilités des os, proche de l’ostéoporose, par insuffisance de fixation du calcium). Mais on sait désormais que cette vitamine a de nombreuses autres fonctions dans l’organisme, qui passent par un effet sur des gènes très divers et notamment sur les mécanismes de l’inflammation et de l’immunité. 

     Ainsi, un déficit en vitamine D est un facteur de risque pour le diabète, les maladies cardio-vasculaires, certains cancers, ou encore la sclérose en plaque et les démences. Car, via des effets directs ou indirects sur les neurones, la vitamine D a une influence sur le bon fonctionnement cérébral. Dans le domaine psychiatrique, on estime qu’un déficit conduit à un risque de dépression et de schizophrénie multiplié par deux, même si ces analyses sont complexes car d’autres facteurs de risque sont souvent associés, comme des carences alimentaires plus générales ou un environnement délétère.

      La vitamine D provient à la fois de l’alimentation (surtout poissons et produits laitiers) et d’une production interne sous l’effet de l’exposition au soleil. Elle peut se doser dans le sang, mais la question des valeurs normales n’est pas encore complètement consensuelle. Il se trouve en tout cas qu’une grande proportion de la population française, environ 40%, se trouve en état de déficit, du fait à la fois d’insuffisances d’apports et de faibles expositions au soleil. Un dépistage fréquent et une supplémentation par médicament est donc nécessaire, toujours sous surveillance médicale car les surdosages peuvent aussi avoir des effets délétères. 

    On ne peut pas en attendre un résultat thérapeutique immédiat dans les maladies psychiatriques sévères, ni une prévention complète, mais une réduction significative de la vulnérabilité de certaines personnes. Quelques premiers essais dans ce sens semblent encourageants, notamment pour la dépression.

    Du fait des variations de l’ensoleillement, les dépressions saisonnières pourraient être liées, en partie au moins, à une baisse de la vitamine D en automne et en hiver. On pense également au cas particulier des personnes en surpoids, fréquent dans les maladies schizophréniques ou bipolaires pour différentes raisons, qui sont souvent en déficit car les graisses ont tendance à stocker et à « séquestrer » la vitamine D. Ce déficit aggrave alors les risques cardio-vasculaires et médicaux de ces personnes, ce qui impose une vigilance d’autant plus forte.

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Publié par MediKpsy
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commentaires

bouchu steve 07/01/2015 18:22

avez vous lu quelque chose sur le traitement des insomnies paradoxales vitamine D ou autre?

merci

Nicolas 05/01/2015 11:10

Merci d'avoir pris le temps de rédiger cet article qui m'a appris des choses. Merci, meilleurs voeux.