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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:40
Antidépresseurs, grossesse, et autisme

Une étude scientifique parue le 14 décembre 2015 dans une grande revue médicale (JAMA Pediatrics) fait état d'une augmentation du risque d'autisme chez les enfants dont les mères avaient reçu des antidépresseurs pendant la grossesse. Ce résultat peut paraitre inquiétant, car environ 5% des femmes enceintes prennent un antidépresseur, au moins sur une certaine période. Il s'agit d'une très large étude menée au Québec avec une méthode rigoureuse et un très grand panel d'enfants (plus de 140 000) pris en compare pendant 10 ans. Cette recherche se justifie par le fait que la plupart des antidépresseurs prescrits aujourd'hui agissent sur la sérotonine, neurotransmetteur ayant un rôle important sur la structuration du cerveau du foetus.

Le résultat est significatif, même en essayant de supprimer les biais potentiels liés à d'autres facteurs de risque reliant de manière artificielle la prise d'antidépresseurs et la survenue d'un trouble du spectre autistique. Selon les antidépresseurs utilisés, pendant les 2ème ou 3ème trimestre de grossesse, le risque de la maladie augmente d'environ 85 à 150%. C'est donc une augmentation conséquente, mais qu'il faut interpréter avec grande prudence. Tout d'abord, une seule étude ne suffit pas en elle-même à démontrer l'existence d'un risque car beaucoup d'autres facteurs ont peut-être échappé à l'analyse effectuée. Il faut donc un faisceau d'arguments, et des résultats convergents de plusieurs études, pour conforter ou non cette donnée. Par ailleurs, même avec un risque augmenté de manière significative, la réalité demeure que les troubles du spectre autistique sont heureusement de survenue très rares, donc l'impact de ce résultat doit être relativisé. S'il se confirme, il apporte au moins des connaissances nouvelles et intéressantes sur de possibles facteurs de risque du développement de la maladie (rôle de la sérotonine ou d'autres neurotransmetteurs), ce qui peut mener à d'autres pistes de recherche.

Car il faut rappeler que la dépression peut être une affection grave chez les femmes enceintes, mettant en jeu leur bien être, leur état général (nutrition, prises d'alcool ou de drogue, état physique, etc.) et parfois leur vie, du fait du risque suicidaire. Même s'il faut toujours être prudent pour toute prescription pendant la grossesse, le recours aux antidépresseurs peut être tout à fait légitime voire indispensable dans certains cas, pour la santé de la mère et donc celle de son enfant à naitre. Mais il s'agit d'une décision importante à prendre de manière concertée entre le médecin et sa patiente, avec une surveillance particulière. Les résultats de cette étude ne sont pas de nature, dans l'état actuel des connaissances, à remettre en cause cette pratique.

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Publié par MediKpsy
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Lelapinfou 15/02/2016 10:07

Bonjour,
je m'interroge sur l'impact des antidepresseurs IRS sur la fertilité masculine. Je suis sous seroplex depuis 6 semaines pour traiter mon anxiété mais je vais probablement être basculé sous Deroxat par manque d'effet du 1er or je souhaite avoir un enfant dans les prochaines semaines. Une étude de 2010 sur 35 patients sous Deroxat montre un impact important sur la qualité du sperme et le risque de fausse couche. La notice mentionne un risque "théorique" sur la fertilité mais précise que cet impact n'a pas été observé à ce jour.
D'autres études ont-elles été menées depuis 2010?
Quel est votre avis sur la question des ISR, en particulier du Deroxat, vis à vis de la fertilité masculine et aussi sur le risque de problème pour le foetus et plus tard le bébé une fois né (malformation, retard, autisme...).