Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 15:59

Je vous propose ici une série de témoignages réels, disponibles pour tous les publics sur Internet, que j'ai sélectionnés à la fois pour la qualité et l'authenticité des récits et pour l'intérêt des situations décrites. Ces vidéos peuvent servir à d'autres, pour mieux comprendre les difficultés évoquées et peut-être s'y reconnaître le cas échéant. 

Pour chaque témoignage, j'essaie de résumer l'analyse médicale que l'on peut en faire (avec toutes les réserves et la prudence liées à l'absence d'informations précises, et avec le respect dû à la personne qui témoigne) et de présenter des solutions envisageables de manière générale, sans pouvoir garantir qu'elle s'appliquent réellement dans le cas particulier. 

 

Dépression

Invité de l'émission C à vous, le journaliste Guy Birenmaum (France Info) témoigne sur un épisode dépressif sévère qu'il a traversé pendant près d'une année. Sa dépression commence par des douleurs et des signes physiques sévères et durables, pour lesquels aucune cause médicale n'est retrouvée. Parmi les facteurs déclenchants : une surcharge d'activité professionnelle, les réseaux sociaux et des secrets de famille remontant à la guerre.

Les solutions : Guy Birenbaum, après plusieurs mois de déni puis d'hésitation, a été pris en charge par un psychiatre qui lui a prescrit un antidépresseur et permis de suivre un psychothérapie. Comme cela est habituel, son état s'est amélioré progressivement et il est désormais totalement guéri.

Son parcours est remarquablement décrit dans son livre "Vous m'avez manqué".

 

Trouble bipolaire

Jean explique d'abord le vécu d'euphorie de l'épisode maniaque (sentiment de surpuissance, d'absence de limite, de créativité, d'hyperactivité) puis celui de la dépression dont la profondeur est proportionnelle à l'intensité de l'exaltation pathologique préalable.

 

 

 

Les solutions : La base essentielle du traitement du trouble bipolaire est la prise continue et au long cours d'un médicament régulateur de l'humeur ("thymorégulateur") qui est capable le plus souvent d'éviter la survenue des épisodes maniaques et dépressifs, et aussi de les traiter s'ils apparaissent. Comme il est difficile de prendre un médicament tous les jours, surtout quand on est jeune, un accompagnement par une psychothérapie ou par une psycho-éducation est très utile également.  

 

En complément sur le trouble bipolaire :

Excellent documentaire "Dans la peau d'un bipolaire de l'ombre à la lumière" (France 5), basé sur des témoignages de personnes souffrant de troubles bipolaires.

 

 

 

Cette jeune fille de 21 ans, qui souffre d'un trouble bipolaire depuis 3 ans, présente de manière claire et amusante (en jouant en alternance les phases dépressives et maniaques) ce qu'elle sait de sa maladie.

 

 

 

Deux jeunes femmes témoignent dans l'émission "Toute une histoire" (France 2), avec les explications d'un psychiatre spécialiste.

 

 

 

 

 

Phobie scolaire

 

Sur sa chaîne Youtube, Keyza, une jeune fille d'environ 20 ans, étudiante, raconte un trouble anxieux sévère dont elle souffre depuis l'adolescence (collège et surtout lycée). Phobie scolaire avec attaques de panique, conduites d'évitement (a manqué environ un tiers des cours en Terminale) et probablement complications dépressives. Elle fait face avec beaucoup d'énergie et de volonté, mais ne peut suivre des études supérieures que par correspondance. La jeune fille fait clairement allusion à des événements vécus à l'origine de son anxiété, sans souhaiter donner plus de détails, mais elle laisse entendre qu'il s'agit de faits proche du harcèlement ou de la maltraitance.

 

Les solutions : la gravité des symptômes est attestée par l'incapacité à suivre une scolarité normale en collectivité. Une consultation s'avère donc nécessaire, pour confirmer le diagnostic et débuter une psychothérapie. Une thérapie comportementale devrait permettre de contrôler les attaques de panique et de se réhabituer à s'exposer aux lieux publics et donc à la fac, et une thérapie cognitive (ou dérivée comme l'EMDR ou la thérapie des schémas) devrait permettre de traiter les souvenirs traumatiques et leurs conséquences sur l'estime de soi et la confiance en soi, et d'apprendre à gérer les situations de stress. Un traitement médicamenteux de fond par antidépresseur pourrait être utile pendant 6 à 12 mois si les attaques de panique sont très fréquentes et surviennent même en dehors des situations redoutées, ou si un diagnostic d'épisode dépressif est posé. Cependant, l'âge jeune et le tempérament (apparemment déjà hypertonique !) de cette jeune fille doivent conduire à la prudence avec ces médicaments, et donc à un suivi par un spécialiste. Les anxiolytiques sont fortement déconseillés à cause du risque de dépendance et d'effets secondaires, ou alors très encadrés par une thérapie et en prises très ponctuelles.

On peut saluer la démarche de cette jeune fille qui dispose d'une forte audience (plus de 350000 abonnés) et dont les thématiques habituelles ne sont pas axées sur les troubles psychiques. Elle dit le faire avant tout pour aider les personnes qui pourraient souffrir des mêmes symptômes.

 

Trouble panique et agoraphobie

Olivia Hagimont raconte dans le Magazine de la santé son parcours face au trouble panique et à l'agoraphobie, marqué par des crises d'angoisse brutales et imprévisibles survenant à l'extérieur de chez elle, surtout dans les transports en commun, mais aussi à son domicile et chaque fois qu'elle tente de s'en éloigner. Elle dit avoir "vécu l'enfer", et son rayon d'action s'est peu à peu réduit au point de ne plus pouvoir s'éloigner de son domicile. Elle insiste sur la difficulté à expliquer ces symptômes aux autres, dont beaucoup se détournent et se montrent assez intolérants par incompréhension.

 

Les solutions : Son parcours de soins est passé par une courte hospitalisation en psychiatrie, probablement à cause d'une phase dépressive qui survient souvent dans les suites d'un trouble panique. Elle a été surtout soulagée par le recours à une thérapie comportementale et cognitive (TCC), qui permet d'apprendre à se relaxer, à prendre de la distance avec les symptômes d'angoisse, à se reconfronter progressivement aux situations redoutées, et à réfléchir sur les éléments personnels ayant pu favoriser l'apparition des troubles. Lorsque des petites crises surviennent à nouveau la jeune femme dit les affronter "calmement" et qu'alors elles disparaissent en quelques secondes. La prescription d'antidépresseurs au long cours peut être utile quand le trouble panique est très sévère et invalidant.

Olivia Hagimont a publié plusieurs bande-dessinées en rapport avec des troubles psychologiques, et notamment l'une qui raconte son histoire autour des attaques de panique et de l'agoraphobie : "Ça n'a pas l'air d'aller du tout !: Ou comment les crises de panique me sont tombées dessus" chez Odile Jacob.

 

Schizophrénie

Luc, 44 ans, qui souffre de schizophrénie depuis l'âge de 25 ans. Il décrit son parcours de lutte contre la maladie et surtout de lutte pour rester dans la vie normale, affective et professionnelle, ce qu'il semble avoir bien réussi. Sans rentrer dans les détails, toujours douloureux, il évoque surtout des troubles du comportement, des angoisses très fortes, une incapacité à agir, des idées paranoïaques et de délire mystique, un abus d'alcool, le repli sur soi et des difficultés de fonctionnement intellectuel.

 

 

Les solutions : Luc insiste sur la nécessité d'un suivi psychiatrique très régulier et durable, malgré les moments de découragement. La prise en charge associe une aide psychologique au long cours et un traitement par des médicaments antipsychotiques. Le message de Luc est très encourageant car il estime s'en être bien sorti, avec beaucoup de patience.

 

En complément sur la schizophrénie

- L'interview d'un québécois qui parle de la maladie et des traitements 

Et un site très bien fait pour expliquer la schizophrénie

 

Troubles obsessionnels-compulsifs

Jeune homme décrivant le TOC dont il a souffert pendant de longues années : obsessions d'erreur et nombreux rituels de vérification et de répétition touchant l'écriture, le travail, la simple marche dans la rue, etc.

 

 

 

 

Les solutions : Ce jeune homme dit avoir été très aidé par une thérapie comportementale et cognitive, difficile à appliquer mais très efficace, associé à un traitement médicamenteux (antidépresseur). Ce sont effectivement les deux méthodes thérapeutiques les plus utiles contre le TOC.

 

 

Phobie sociale

Difficile de trouver sur internet des vidéos témoignages typiques de la phobie sociale, et pour cause : compliqué de se filmer et de se "montrer" quand on redoute le regard et le jugement des autres...

Cette jeune femme décrit très bien le ressenti des personnes souffrant d'anxiété sociale, avec le cortège de peurs, notamment de rougir en public (éreutophobie), de besoin de se cacher et d'éviter, d'auto-dépréciation. Un peu difficile à imaginer quand on la voit à l'image, mais elle explique comment elle a progressé au point de pouvoir dépasser sa phobie sociale, tous ses conseils sont judicieux et peuvent être appliqués par soi-même. Ses efforts "d'exposition" grâce à sa chaine youtube et les succès qui en découlent lui ont permis de gagner en confiance en elle. "Je m'auto-congratule dans ma tête".

 

Les solutions : La phobie sociale peut disparaitre progressivement avec le temps, mais elle peut aussi persister longtemps et gâcher la vie à un âge jeune et essentiel pour son avenir professionnel et personnel. Les méthodes décrites par la jeune femme dans cette vidéo sont celles qui sont utilisées dans les thérapies comportementales et cognitives, que l'on peut suivre avec l'aide de psychologues ou psychiatres, en consultation seule ou en thérapie de groupe : améliorer son affirmation de soi, apprendre à supporter le regard des autres, savoir communiquer, changer ses pensées négatives, etc. Quelques mois de thérapie peuvent suffire à progresser nettement. Quand l'angoisse est trop forte ou que la phobie faite de la résistance, l'aide complémentaire d'un traitement antidépresseur peut être intéressante, à prendre tous les jours pendant quelques mois (toujours sur prescription médicale).

 

Autre témoignage d'un jeune "ancien" timide 

 

 

Partager cet article

Publié par MediKpsy
commenter cet article

commentaires