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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 09:28

        Avec presque 10 000 suicides annuels, il est temps que la France trouve des solutions efficaces pour prévenir le suicide. Certes, on peut attendre de meilleurs résultats d’une amélioration globale des soins psychiatriques, car environ 80 % des personnes mettant fin à leurs jours souffrent d’une pathologie mentale, mais des actions spécifiques sur la prévention doivent être mises en place.

       Comme cela a été montré en Suède (île de Gotland) et en Suisse, des programmes de formation des médecins, visant à améliorer la reconnaissance et le traitement de la dépression, peuvent avoir des effets très bénéfiques sur la prévention du suicide. Un domaine dans lequel la France n’a pas encore suffisamment investi. Par ailleurs, limiter l’accès aux moyens de suicide (armes, lieux de grandes hauteurs, rails du métro, etc.) peut être efficace d’après certaines expérimentations menées à l’étranger.

         En France, deux types de démarches ont été initiées il y a quelques années. La première, issues d’exemples internationaux, consiste à s’occuper des personnes ayant commis au moins une tentative de suicide – quelque 200 000 tous les ans. Ce sont des personnes à risque de récidives, parfois fatales. Il est donc important de les suivre de près, et c’est le principe des programmes de « recontact » qui visent à garder un lien avec les personnes ayant été prises en charge aux urgences d’un hôpital après une tentative de suicide. C’est prouvé : quelques appels téléphoniques pour prendre des nouvelles de la personne et lui proposer de la revoir en cas de difficultés permettent de réduire les risques de récidive suicidaire.

         Le second levier est celui de la prévention de la « contagion » suicidaire, liée à l’influence des passages à l’acte rapportés dans les médias, notamment quand il s’agit de personnalités célèbres. Il existe un « effet Werther » pouvant conduire à la facilitation de certains actes suicidaires par identification ou fascination morbide, chez des personnes fragiles. Pour lutter contre cela, des psychiatres ont créé des programmes de sensibilisation des journalistes afin que les messages médiatiques soient davantage orientés vers les moyens de faire face à la souffrance psychique que vers la description des passages à l’acte en eux-mêmes. Ces programmes exploitent « l’effet Papageno », du nom du héros de l’opéra La Flûte enchantée, qui échappe au suicide grâce à une aide extérieure, et complètent utilement les actions menées au plan strictement médical.

         La lutte contre le suicide est donc un combat de l’ensemble de la société, avec des avancées récentes dont on peut attendre beaucoup si elles sont soutenues et maintenues sur la durée. La lutte contre le suicide reste pour la France un défi collectif majeur.

 

 

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Publié par MediKpsy
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