Pour soigner une dépression, le recours aux antidépresseurs est parfois indispensable, et parfois inutile. Et puis, le plus souvent, la décision doit être prise après une analyse précise et
individuelle de la situation, entre le patient et son médecin, car les arguments du choix sont individuels et complexes.
Voici, très schématiquement, les situations dans lesquelles des règles simples peuvent s'appliquer :
1. Les antidépresseurs sont
indispensables :
- quand le patient doit être hospitalisé car il ne peut plus s'alimenter ou assumer les besoins de la vie quotidienne
- quand la dépression altère gravement la vision de soi et du monde (idées de culpabilité injustifiées, conviction que l'avenir est bouché ou forcément catastrophique, etc.)
- ou encore quand la "douleur morale" est permanente, envahissante, insupportable.
2. Les antidépresseurs sont
inutiles :
- quand la tristesse est très légère et ne s'accompagne d'aucun autre symptôme de dépression (pas de fatigue, de découragement, de problèmes de sommeil ou d'appétit; etc.)
- quand les problèmes psychologiques sont très récents (moins d'une semaine)
- quand la souffrance est absente et qu'il n'existe par exemple que des questionnements sur soi-même, son passé ou l'avenir, qui doivent plutôt conduire à envisager une
psychothérapie.
3. Dans tous les aures cas, les antidépresseurs peuvent être plus ou moins efficaces, plus ou moins nécessaires. Des élements médicaux et psychologiques très personnels doivent être
pris en compte pour la décision. Quand le diagnostic de dépression est établi par le médecin, il est parfois nécessaire de procéder de manière assez pragmatique car il n'existe pas toujours de
certitude sur l'efficacité du médicament chez une personne donnée : on en essaye un, puis un autre si nécessaire, et on juge (après plusieurs semaines), des avantages et des inconvénients.