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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:22

Pour soigner une dépression, le recours aux antidépresseurs est parfois indispensable, et parfois inutile. Et puis, le plus souvent, la décision doit être prise après une analyse précise et individuelle de la situation, entre le patient et son médecin, car les arguments du choix sont individuels et complexes.

Voici, très schématiquement, les situations dans lesquelles des règles simples peuvent s'appliquer :

1. Les antidépresseurs sont indispensables :
  - quand le patient doit être hospitalisé car il ne peut plus s'alimenter ou assumer les besoins de la vie quotidienne
  - quand la dépression altère gravement la vision de soi et du monde (idées de culpabilité injustifiées, conviction que l'avenir est bouché ou forcément catastrophique, etc.)
 - ou encore quand la "douleur morale" est permanente, envahissante, insupportable.

 2. Les antidépresseurs sont inutiles :
 - quand la tristesse est très légère et ne s'accompagne d'aucun autre symptôme de dépression (pas de fatigue, de découragement, de problèmes de sommeil ou d'appétit; etc.)
 - quand les problèmes psychologiques sont très récents (moins d'une semaine)
 - quand la souffrance est absente et qu'il n'existe par exemple que des questionnements sur soi-même, son passé  ou l'avenir, qui doivent plutôt conduire à envisager une psychothérapie.

3. Dans tous les aures cas, les antidépresseurs peuvent être plus ou moins efficaces, plus ou moins nécessaires.  Des élements  médicaux et psychologiques très personnels doivent être pris en compte pour la décision. Quand le diagnostic de dépression est établi par le médecin, il est parfois nécessaire de procéder de manière assez pragmatique car il n'existe pas toujours de certitude sur l'efficacité du médicament chez une personne donnée : on en essaye un, puis un autre si nécessaire, et on juge (après plusieurs semaines), des avantages et des inconvénients.

 

Malgré ce que prétendent beaucoup de détracteurs (non médecins le plus souvent), les antidépresseurs apportent bien plus que les placebo, même si une partie de leur efficacité peut être attribuée à un effet placebo. Leurs effets sont durables et protègent contre les rechutes, ce qui n'est pas le cas des placebos.

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commentaires

lebou her 05/03/2017 11:09

J ai une dépression depuis trois ans je n arrive pas a me sortir de la prends norset la moitié

Aurèle 01/01/2013 23:24


Bonjour.


Je trouve votre blog très intéressant, c'est rare de voir un spécialiste s'exprimer sur les sujets qu'il connaît mieux que chacun. 


Je me pose actuellement beaucoup de question sur l'usage des psychotropes en France et je pense être victime d'une "surprescription" de benzodiazépines par mon généraliste (excès dans la durée:
12 années pesque continues de Lexomil). Je fais actuellement un sevrage pour le moins "pénible"(qui dure déjà depuis un an), et encore, quel euphémisme...


Je me posais également des questions sur l'usage des ISRS (je prends du Séroplex depuis un an, mais j'ai en "testé" tout un panel: Prozac, Paroxétine, Stablon) alors que je n'ai jamais été
depressive (peut-être anxieuse au départ).


Mon psychiatre (qui pratique des TCC) est convaincu du bénéfice des AD. J'ai douté (on lit tellement de controverses sur le Net) mais je crois que c'est la seule personne du "corps médical" en
qui je fais encore confiance. Votre article m'a convaincue. J'ai besoin de croire encore un peu en la médecine, je suis très "déroutée" en ce moment (pour ne pas dire "dégoutée").
Le Lexomil m'a fait du mal, j'en suis persuadée. J'ai beaucoup de séquelles.


Mais je vais continuer à prendre le Séroplex sans culpabiliser, c'est déjà ça.


Cordialement


 


 


 

MediKpsy 02/01/2013 09:30



Merci pour votre message, et bon courage pour faire face.


Et tous mes voeux sincères pour 2013.


AP