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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:33

                                                           depression.jpg

 

    Environ 5% des Français prennent un traitement antidépresseur au moins une fois au cours d'une année. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il correspond assez bien à la proportion de personnes souffrant de dépression à un moment donné dans la population générale. Les enquêtes suggèrent cependant que le problème n'est pas tant celui de la fréquence des traitements, mais plutôt de leur adaptation aux besoins et surtout de leur durée.

 

   La grande majorité des prescriptions d'antidépresseurs en France sont faites par des médecins généralistes. Malgré leurs compétences et les formations qui sont de plus en plus nombreuses sur ce sujet, ces médecins ont rarement le temps d'évaluer assez précisément la pertinence de ces prescriptions et surtout de prévoir leur suivi dans le temps. Certaines erreurs ou approximations peuvent alors survenir.

 

   Le premier point difficile est celui de la décision de prescrire, et donc souvent celui du diagnostic. Les antidépresseurs ne sont efficaces et justifiés qu'en cas de dépression avérée. Ceci veut dire un état anormal de tristesse, de perte d'intérêt, de fatigue, d'insomnie, etc., qui cause une souffrance presque continue et cela pendant au moins plusieurs semaines. Il ne s'agit donc pas d'un "coup de blues" passager, ou d'un "burn out" de quelques jours. Ces perturbations émotionnelles ou physiologiques, souvent liées à des stress ou à des événements difficiles, peuvent poser de vrais problèmes et nécessiter une aide, mais en général pas un antidépresseur. Et en tout cas pas sans avoir essayer d'abord d'autres méthodes plus naturelles comme le repos, des exercices de relaxation, et si possible un soutien psychologique. On sait que certaines prescriptions d'antidépresseurs sont faites sans réel besoin.

 

   Le second point est presque l'inverse du premier, car il s'agit des insuffisances de traitement lorsque les patients en ont peur ou n'ont pas conscience qu'ils en ont besoin. Le diagnostic est alors porté trop tardivement, la dépression s'aggrave et elle devient plus difficile à prendre en charge. Il faut surtout leur expliquer que la dépression est un état pathologique, et que les antidépresseurs n'ont pas tous les inconvénients qu'ils redoutent en général.

 

   De même, beaucoup de traitements sont interrompus beaucoup trop vite. Ce peut être le cas lorsque le patient a l'impression que le médicament n'agit pas assez vite. Or, la plupart du temps, un antidépresseur n'agit vraiment en "profondeur" qu'à partir de 3 ou 4 semaines. Il faut donc attendre ce délai avant de décider d'un échec et d'un éventuel changement de dose ou de médicament. Puis, la même question se pose en cas d'efficacité. Lorsqu'une dépression est avérée, et qu'une prescription d'antidépresseur est justifiée, il s'agit forcément d'un traitement prolongé, d'au moins 4 à 6 mois. Les phases dépressives durent en moyenne 6 mois, et il existe donc un risque très élevé de rechute (plus difficile à soigner) si on arrête le traitement avant cette durée. Comme les antibiotiques ne doivent pas être arrêtés après quelques jours sous prétexte que la fièvre a disparu, les antidépresseurs doivent être poursuivis même si l'humeur est revedevenue normale. Même si l'on se sent bien, il faut continuer à les prendre encore plusieurs mois, durée à définir avec son médecin.

 

   Beaucoup de patients ne suivent pas scrupuleusement la prescription faite par leur médecin, soit par négligence soit du fait de certains effets secondaires. Ils sautent alors des prises, réduisent la dose, change les horaires, etc. Il s'agit pourtant d'un traitement de fond qui ne fonctionne que quand on le prend tous les jours à la même dose, et il risque de perdre son efficacité s'il n'est pas pris correctement.

 

   Enfin, certains problèmes peuvent survenir lors de l'arrêt, surtout quand il a lieu trop brutalement et sans précaution. La plupart des antidépresseurs doivent être arrêtés progressivement, en général sur plusieurs semaines. Ceci permet d'éviter tout problème de sevrage ou de "rebond" (amplification des troubles antérieurs du fait de la suppression du traitement efficace), et de dépister rapidement un risque de rechute. 

 

   Tenir compte de toutes ces règles permet en général de bénéficier au mieux d'un traitement antidépresseur, uniquement lorsqu'il est justifié mais en suivant alors toutes les conditions pour qu'il soit pleinement efficace.

 

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commentaires

lola 12/04/2015 15:20

je vous le dit sa marche mais pas de la même façon pour tout les personnes

lio 12/04/2015 22:43

Si être dépendant à vie c'est guérir alors oui...

myriam 12/04/2015 15:18

oui

poutignat 10/04/2011 22:17



les antidépresseurs sont des drogues et n'ont jamais GUERIS qui que ce soit!arrêtons d'être hypocrite...les labos ont déjà fait parler d'eux à plusieurs reprises!!!stoppons ces abus!!