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Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 14:38

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            L’impact de la consommation de cannabis sur les manifestations de la schizophrénie  est connu depuis plusieurs années. Cette substance, chez certains patients au moins, favorise les décompensations de la maladie, aggrave son évolution, rend les traitements plus difficiles. Cependant, il n’est pas établi que le cannabis puisse participer réellement à l’apparition de la schizophrénie, c'est-à-dire qu’il s’agisse d’un facteur explicatif de la maladie elle-même. Le fait que les schizophrènes ont plus tendance à fumer du cannabis que les autres personnes du même âge pourrait signifier, par exemple, que les malades cherchent à calmer ainsi leurs angoisses ou sont poussés à consommer à cause des symptômes de la psychose.

            Mais les résultats d’une grande étude allemande qui vient d’être publiée apporte des informations nouvelles et importantes. Il s’agit d’une recherche portant sur près de 10000 jeunes (14-24 ans) de la population générale, suivis et évalués pendant 10 ans. Parmi ceux-ci, il apparaît clairement que les jeunes qui fument régulièrement du cannabis, même sans aucun signe psychiatrique initialement, développent environ 2 fois plus souvent des symptômes psychotiques durables ultérieurement. Il ne s’agit pas là forcément de l’installation d’une schizophrénie, mais de symptômes pouvant dans certains cas relever de cette maladie (bizarreries, idées délirantes, hallucinations, etc.).

            Cette étude confirme de manière rigoureuse la chronologie d’apparition des troubles (en moyenne) : la prise de cannabis puis les troubles psychotiques. Naturellement, ceci ne fait pas la preuve du lien de cause à effet entre les deux phénomènes, mais contribue quand même à soutenir cette hypothèse. Comme d’autres travaux neurobiologiques actuels tendent à le laisser penser, le cannabis peut contribuer à aggraver le risque de décompensations chez des personnes fragiles par ailleurs. Il ne s’agit certes pas de la cause unique de la maladie, et son influence est probablement assez faible par rapport aux autres facteurs, mais l’avantage est que ce facteur de risque est, théoriquement, évitable. D’où l’importance de l’information et de la prévention.

 

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Publié par MediKpsy - dans Psycho
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