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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:16

                                                         depression_van_gogh.jpg

           Commençons par une réalité qui reste indiscutable : la dépression n’est pas une maladie génétique. On n’hérite pas de la dépression de ses parents et on ne la transmet pas à ses enfants, contrairement à certaines affections comme l’hémophilie ou la maladie de Huntington (maladie neurologique).

Cela dit, une « certaine » participation génétique au risque dépressif est aujourd’hui reconnue. Ceci signifie que, pour certaines dépressions et dans certaines familles, le rôle de l’hérédité n’est pas nul. Dans le cas par exemple du trouble bipolaire (maladie maniaco-dépressive), le risque d’en souffrir est multiplié par 10 si un apparenté proche, père/mère ou frère/sœur, est lui-même atteint.

            Aucune certitude n’existe encore aujourd’hui sur la nature des gènes contribuant au risque de dépression. Il en est un cependant qui fait figure de suspect principal depuis quelques années. C’est un gène qui amplifie l’effet de la sérotonine dans le cerveau. La sérotonine est un « neuromédiateur » (hormone cérébrale) très important, entre autres, pour le contrôle des émotions. Si vous êtes porteur d’une version peu active de ce gène, votre sérotonine est moins efficace et vous risquez d’être plus sensible au stress et à l’anxiété. La version très active de ce gène a un peu le même effet cérébral que la prise d’antidépresseurs comme le Prozac. Par ailleurs, le gène en question est probablement impliqué dans la construction du cerveau émotionnel, avant même la naissance, ce qui pourrait conduire à des différences de sensibilité au stress.

            De nombreuses études ont été conduites pour établir un lien entre ce gène et la dépression. Cette question est très discutée dans la communauté des chercheurs en psychiatrie, car beaucoup d’études ont effectivement trouvé un lien, mais beaucoup d’autres n’en ont pas trouvé. Une synthèse des résultats de toutes ces recherches, portant sur 54 études réalisées dans le monde, vient d’être publiée par une équipe allemande et australienne (voir ici). La mise en commun de toutes ces études, ce que l’on appelle une méta-analyse, confirme bel et bien que la version faible du gène expose à un risque accru de dépression, mais seulement quand les personnes ont vécu à un moment de leur vie des événements traumatisants, comme des maltraitances dans l’enfance ou des maladies graves.

Ainsi, l’hérédité ne provoque pas directement la dépression, mais semble réduire les défenses émotionnelles en cas d’agression psychologique. Comme souvent, les troubles proviennent de la rencontre entre un « terrain » particulier et un contexte négatif. Ce mécanisme de vulnérabilité ressemble un peu à celui des problèmes de diabète ou de cholestérol : certains gènes exposent à un risque de maladie, mais la maladie n’apparait réellement que si le régime alimentaire est lui-même défaillant (trop gras ou trop sucré).

Il faut préciser que ces découvertes sur le rôle prédisposant de ce gène de la sérotonine sont encore très insuffisantes pour reconstituer l’ensemble du puzzle de la dépression : au mieux, l’existence d’une version faible du gène n’augmente que de quelques pourcents le  risque de dépression. Beaucoup d’autres facteurs, biologiques et psychologiques, restent donc à découvrir.

 

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Publié par AP - dans Psycho
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