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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 18:56

paris plage   Ca y est, c'est le printemps, le soleil brille, il fait bon, les terrasses sont pleines, et les tenues sont légères. Depuis le temps qu'on attendait la sortie de l'hiver, en plus de la crise, des catastrophes, de la pollution, etc. Et donc avec le beau temps, le moral est meilleur, forcément...

   Mais au fait, qu'en est-il vraiment de l'effet du climat sur le moral et les émotions ? Sujet épineux, car beaucoup d'idées reçues circulent, et les preuves sont difficiles à obtenir. Pourtant, des travaux scientifiques assez précis ont été effectués dans le monde entier (par D.Watson et L.Clark notamment), et donc dans toutes les cultures, avec des mesures fiables et objectives, aussi bien du climat réel et des émotions au jour le jour de nombreuses personnes. 

   Et les résultats sont très nets et indiscutables : strictement aucun lien entre la météo et l'humeur réelle. Qu'il fasse beau ou gris, qu'il pleuve beaucoup ou pas du tout, les effets sont nuls sur les émotions, positives et négatives. Un cas à part cependant (mais très rare en réalité), qui concerne les personnes souffrant de dépression "saisonnière", et qui patissent en général du manque de lumière en hiver.

   Alors, pourquoi cette "évidence" partagée par tout le monde ? Tout simplement (et c'est également vérifié par les études) du fait d'un biais de mémorisation et de concordance. Ceci veut dire que l'on remarque et que l'on retient les situations qui correspondent à ce que l'on pense vrai au départ. S'il pleut et que je suis triste, ma croyance "mauvais temps = mauvaise humeur" sera vérifiée et donc renforcée. S'il fait beau et que je me sens bien, idem. Mais, en revanche, s'il pleut et que je me sens bien quand même (ou l'inverse), je ne ferai pas le lien entre les deux paramètres et donc je ne pourrai pas remettre en cause mes croyances initiales. 

   Comme quoi, les statistiques personnelles sont toujours fragiles, et c'est d'ailleurs comme cela que l'on risque de développer d'autres croyances, plus gênantes celles-ci quand elles concernent l'estime de soi par exemple ("dès que j'essaie quelque chose, ça rate"...).

   Naturellement, vous pouvez continuer à vous réjouir quand il fait beau, et à le dire à vos amis, le partage des émotions et des croyances (même fausses !) est essentiel pour la vie affective et sociale. Mais quand il pleuvra (forcément...), pas de panique, votre humeur résistera.


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Publié par MediKpsy - dans Psycho
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