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Bienvenue

Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 23:04

                                          Panique

   On ne peut pas vivre sans peur ou sans anxiété. Ce sont des émotions normales, utiles à la survie de l'individu et de l'espèce : elles permettent de réagir face au danger et de se protéger, en général automatiquement, sans y penser.

   Pourtant, l'anxiété et la peur peuvent aussi constituer des symptômes pathologiques, dans ce que l'on appelle les "troubles anxieux" : phobies, TOC, anxiété généralisée, etc. Comment alors faire la différence entre le normal et le pathologique ?

   Il faut d'abord signaler que la distinction normale/pathologique n'est pas toujours nette, elle est souvent progressive, avec beaucoup de formes intermédiaires et il n'existe pas de critères indiscutables pour situer la frontière entre les deux. On peut être anxieux un peu, moyennement, beaucoup, énormément, à la folie,...

   Trois principes peuvent cependant aider à s'y retrouver : le degré de souffrance ressenti, le degré de contrôle, et les conséquences dans la vie quotidienne.

   Le degré de souffrance est un indice subjectif mais essentiel. Le stress léger, la timidité simple, des manies minimes, ou des petites inquiétudes ne provoquent pas une douleur morale intense, en tout cas pas sur des durées longues. Si la souffrance est minime, supportable, l'anxiété n'est probablement pas pathologique. Si elle est forte, difficile à tolérer pendant des heures, l'existence d'un trouble réel est probable.

   Vient ensuite la capacité ou non à contrôler ce qui se passe en soi et son comportement. Des idées dérengeantes mais que l'on peut facilement mettre de côté ne sont pas inquiétantes. De même, si vous avez peur du jugement des autres dans une situation sociale mais que vous arrivez à vous raisonner ("en fait, ils ont bien d'autres sujets de préoccupation", "et puis même s'ils ne m'apprécient pas, quelle importance" ?), il n'est pas question de parler de phobie sociale. En revanche, si certains symptômes physiques vous inquiètent au point de respirer de plus en plus vite, sans pouvoir vous relaxer, il est possible que vous souffriez d'attaques de panique pathologiques. Si, chaque fois que votre fils de 20 ans n'est pas rentré à 19h vous ne pouvez plus rien faire d'autre qu'attendre devant le téléphone, voire appeler la police ou les pompiers, les psychiatres peuvent parler d'anxiété généralisée. Bref, ce qui vous échappe vraiment et souvent peut constituer une pathologie.

   Enfin, un critère simple permet aussi de trancher : le retentissement de l'anxiété dans la vie quotidienne. Ce peut être par exemple :

    - une perte de temps d'au moins une heure par jour (ruminations empêchant de travailler, rituels pour fermer les portes et les lumières en partant de chez soi, détours pour ne pas passer devant certains lieux qui font peur, etc.)

    - des choix importants en contradiction avec ses désirs réels : ne pas faire les études que l'on souhaite (par peur de passer les examens, ou par impossiibilité de fréquenter les cours), refuser des invitations à sortir, ne pas prendre l'avion pour les vacances ou le travail, etc. 

    - des conséquences négatives pour vos proches : ils doivent vous accompagner car vous n'arrivez pas à sortir seul, ils ne supportent pas vos doutes et demandes de réassurance permanents, vous leur imposez des douches systématiques chaque fois qu'ils rentrent à la maison, etc.

    - un retentissement durable sur votre équilibre physique : insomnies fréquentes, gênes ou douleurs récurrentes, transpiration importante, etc.

   Mais ces critères plus objectifs n'ont pas évidemment de valeur absolue : perdre 55 minutes par jour à cause de rituels de ménage ou de vérification peut aussi constituer une pathologie. mais une heure est un repère simple et consensuel.

   Au total, même si vous n'êtes pas certain que vos "tendances" anxieuses sont réellement pathologiques, n'hésitez pas à consulter et à poser la question à un médecin ou à un psychologue. Un regard extérieur peut être utile pour y voir plus clair. Et il est toujours bon, au cas où le diagnostic est confirmé, de prendre les choses en main rapidement pour qu'elles s'améliorent plus vite et mieux.

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Publié par MediKpsy - dans Psycho
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commentaires

ENTE 12/02/2011 17:22



 c'est sûr ! Sur la vie quotidienne, ça a de sacrées conséquences. Finalement, ce qui me gâche la vie, ce n'est pas
vraiment cette phobie sociale (plutôt modérée maintenant), pour laquelle j'avais participé à ce "groupe" à la pitié salpétrière ! Le vrai problème est surtout mon TOC du lavage (des mains
surtout), avec une anxiété de plus en plus intense, par moment je dirais même que c'est "l'enfer".