Questions pratiques sur l'utilisation des médicaments psy : anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères, tranquillisants... Pour bien se soigner (avec une prescription et une surveillance médicale) et sortir de la dépression, de l'anxiété, des phobies, des
Récemment, différents articles et émissions ont soulevé la question de l'utilisation des antidépresseurs en général et en France en particulier, avec le plus souvent des
analyses assez critiques.
Mes observations sont les suivantes :
- l'efficacité des antidépresseurs (globalement en tant que famille de médicaments) dans les dépressions graves n'est aujourd'hui plus discutable, après près de
50 ans d'utilisation pratique et d'études scientifiques;
- il est parfois difficile de prouver l'effiacité de nouvelles molécules car les critères d'évaluation sont devenus très exigeants (et c'est une bonne chose), et les études sont réalisées en
général en choisissant des patients souffrant de dépression peu sévères car les autres sont bien soignés avec les traitements existants; il est vrai que la plupart des antidépresseurs sont moins
efficaces dans les dépressions légères que les dépressions sévères, ce qui peut paraitre paradoxal mais les personnes ayant des dépressions légères sont très sensibles à toute
forme de prise en charge psychologique ou médicale, avec donc un effet "placebo" important (et il faut qu'un médicament soit plus efficace que le placebo pour être reconnu comme utile);
- les administrations publiques chargées d'examiner les nouveaux antidépresseurs proposées par les laboratoires pharmaceutiques mettent en place aujourd'hui des procédures extrêmement
rigoureuses pour surveiller l'efficacité et les risques des nouvelles molécules, et elles disposent de l'ensemble des résultats de toutes les études réalisées, et naturellement pas
seulement de ceux qui ont été publiés par les laboratoires; ceci est une garantie d'objectivité dans les décisions qui sont prises.
Au total, l'efficacité des antidépresseurs disponibles est certaine dans les dépressions graves, mais leur intérêt est discutable dans les dépressions légères, et il
est en général préférable d'avoir recours à d'autres modalités de traitement (psychothérapies surtout) quand cela est possible et quand la dépression semble peu sévère,mais c'est au médecin et au
patient d'en décider ensemble.
Le placebo marche dans certaines dépressions, mais n'est pas suffisant le plus souvent, les rechutes sont rapised et, de toute façon, aucun patient n'accepterait de prendre un médicament si on on lui disait qu'il ne s'agissait que d'un placebo (c'est à dire d'une capsule vide).
Les Français utilisent effectivement plus d'antidépresseurs que les autres pays comparables, mais beaucoup de personnes sévèrement déprimées ne sont pourtant pas encore
traitées comme il le faudrait.
Pour les dépressions (ou l'anxiété) légères, il est nécessaire de développer des soins alternatifs, et de donner un plus grand accès aux
psychothérapies, notamment en proposant leur remboursement par la sécurité sociale, car certaines comme les thérapies comportementales et cognitives ont prouvé
leur efficacité.