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Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:13

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La prise de médicaments pendant une grossesse est toujours un sujet délicat, et la plupart des femmes préfèrent les éviter au maximum, ce que l’on peut comprendre. Mais il existe des cas où une maladie chronique ou récente nécessite un traitement, et la question des risques pour l’enfant à naître se pose alors tout particulièrement.

Parmi les troubles psychiques, les dépressions et les troubles anxieux (TOC, attaques de panique, phobies sociales) sont fréquents et touchent notamment des femmes jeunes en âge d’avoir des enfants. Quand d’autres traitements existent et peuvent être mis en œuvre, comme les psychothérapies, le choix se porte naturellement plutôt vers eux. Mais certaines femmes connaissent des rechutes graves lors des diminutions ou de l’arrêt des antidépresseurs, et il est alors justifié de les poursuivre pendant toute la grossesse et après. Même si le principe de précaution s’applique particulièrement dans ce contexte, il existe maintenant plusieurs médicaments qui peuvent être prescrits sans risque connu chez la femme enceinte, et c’est une possibilité que les médecins proposent assez régulièrement à leur patiente, la décision finale leur revenant bien sûr. Cette décision doit être basée sur une information claire et la plus complète possible. Les données pharmacologiques et épidémiologiques confortent, depuis plus de 20 ans dans certains cas, la sécurité d’utilisation de certains antidépresseurs « sérotoninergiques » pendant la grossesse, sans sur-risque significatif de malformation ou de séquelle quelconque pour le bébé. Bien sûr, l’absence totale de risque, notamment à long terme, est difficile à démontrer, mais toutes les observations scientifiques dans ce domaine sont rassurantes.

Une nouvelle grande étude, parue début janvier 2013 dans le Journal of the American Medical Association apporte des informations rassurantes supplémentaires sur la question particulière du risque vital pour les bébés de mères recevant des antidépresseurs. Il s’agit d’une très vaste enquête portant sur plus de 1,6 millions de femmes ayant eu un enfant dans 5 pays du nord de l’Europe au cours des dernières années. En analysant les facteurs de risque (contexte médical et psychiatriques, autres éléments favorisants, etc.), cette étude montre que le fait d’avoir pris un antidépresseur sérotoninergique pendant la grossesse (1,8% des femmes) n’augmente en rien le risque de décès du bébé, avant ou lors de la naissance, risque qui s’élève à environ 0,4% dans l’ensemble de la population.

Tout en rappelant que la prescription de ce type de traitement relève d’une décision médicale approfondie et d’une discussion au cas par cas, on peut donc considérer que cette étude très solide au plan scientifique apporte des éléments d’information importants pour conforter la possibilité d’utilisation de certains antidépresseurs pendant la grossesse. Ceci peut avoir des conséquences notables pour le bien-être des femmes enceintes, et donc aussi indirectement pour celui des bébés à naître.


   Autre article sur le même thème : peut-on prendre un antidépresseur pendant la grossesse ?

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Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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