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Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 23:07

 

Voici la liste de tous les antidépresseurs disponibles en France aujourd'hui.
Les noms donnés sont des marques commerciales, sauf ceux en italique (noms de produits ou génériques).

 Quelques commentaires, uniquement basés sur les recommandations officielles (AMM) et sur des observations personnelles, sont faites à titre d'information pour les médicaments les plus souvent prescrits. Pour toute autre information, se reporter à la notice ou interroger son médecin ou son pharmacien.

La liste complète de tous les psychotropes disponibles et leur famille d'appartenance est donnée plus bas.

Voir aussi : les pour et les contre sur les antidépresseursdébats sur l'utilisation des antidépresseurs, et les 10 commandements sur les antidépresseurs.

Le livre "Bien se soigner avec les médicaments psy" explique l'intérêt et les inconvénients de ces médicaments, pour accompagner au mieux un traitement quand il est nécessaire.

       Noms   Remarques Rapport efficacité / tolérance
Anafranil (clomipramine) Un des antidépresseurs de référence pour le traitement des dépressions sévères, des TOC et des attaques de panique.Les faibles doses (25-100 mg/j) peuvent être utiles dans les dépressions légères. Les doses supérieures (100-200 mg/j) sont nécessaires pour les dépressions sévères, mais avec parfois des effets secondaires plus gênants. Bon
Athymil (miansérine) Souvent prescrit en association à un autre antidépresseur, notamment pour les troubles du sommeil. Moyen
Citalopram voir Séropram  
Clomipramine voir Anafranil  
Cymbalta  Bonne efficacité pour la dépression et l'anxiété généralisée.  Bon
Déroxat (paroxétine)  Bonne efficacité pour la dépression,  les TOC, les attaques de panique, les phobies sociales, les états des stress post-traumatiques et l'anxiété généralisée.  Très bon
Divarius voir Déroxat  
Effexor (venlafaxine)  Bonne efficacité pour la dépression, les attaques de panique, les phobies sociales et l'anxiété généralisée.  Très bon
Elavil voir Laroxyl  
Fluoxétine voir Prozac  
Fluvoxamine  Bonne efficacité pour la dépression et les TOC.  Très bon
Humoryl     
Ixel      
Laroxyl   Antidépresseur de référence pour les dépressions sévères, mais avec des effets secondaires gênants aux doses élevées. Souvent prescrit à faibles doses pour les troubles du sommeil. Moyen
Ludiomil    
Marsilid  Antidépresseur d'une classe différente de tous les autres (IMAO), très efficaces dans certaines dépressions, mais imposant un régime alimentaire particulier.  Bon
Miansérine voir Athymil  
Moclamine      
Norset  Souvent prescrit en association à un autre antidépresseur, notamment pour les troubles du sommeil.  Moyen
Paroxétine voir Déroxat  
Pertofran     
Prothiaden     
Prozac (fluoxétine) Bonne efficacité pour la dépression et les TOC.  Très bon
Quitaxon    
Séroplex (escitalopram) Bonne efficacité pour la dépression, les TOC, les attaques de panique, les phobies sociales et l'anxiété généralisée.  Très bon

Séropram 

(citalopram)

Bonne efficacité pour la dépression et les attaques de panique.  Très bon
Stablon     
Surmontil     
Tofranil                 Bon
Valdoxan (agomélatine) Mécanisme d'action différent des autres qui se rapproche des effets de la mélatonine. Moyen
Zoloft (sertraline) Bonne efficacité pour la dépression, les TOC, les attaques de panique, les phobies sociales, et les états des stress post-traumatiques.  Très bon

 

 

 

La liste ci-dessous contient tous les noms des médicaments psychotropes (noms de marque ou génériques), avec leur famille d'appartenance.

Attention: l’appartenance d’un médicament à une classe ne limite pas forcément ses effets à cette classe (par exemple, beaucoup des médicaments classés comme antidépresseurs sont efficaces contre les troubles anxieux, comme indiqué dans le tableau précédent).

 

Abilify Antipsychotique
Alprazolam Anxiolytique
Amisulpride Antipsychotique
Anafranil Antidépresseur
Anxyrex Anxiolytique
Atarax Anxiolytique
Athymil Antidépresseur
Barnétil Antipsychotique
Bromazépam Anxiolytique
Buspar Anxiolytique
Buspirone Anxiolytique
Carbamazépine Thymorégulateur
Citalopram Antidépresseur
Clomipramine Antidépresseur
Clopixol Antipsychotique
Clozapine Antipsychotique
Covatine Anxiolytique
Cymbalta Antidépresseur
Défanyl Antidépresseur
Dépakine Thymorégulateur
Dépakote Thymorégulateur
Dépamide Thymorégulateur
Déroxat Antidépresseur
Diazépam Anxiolytique
Dipipéron Antipsychotique
Divarius Antidépresseur
Dogmatil Antipsychotique
Donormyl Hypnotique
Effexor Antidépresseur
Elavil Antidépresseur
Equanil Anxiolytique
Equitam Anxiolytique
Euphytose Anxiolytique
Fluanxol Antipsychotique
Flunitrazépam Hypnotique
Fluoxétine Antidépresseur
Fluvoxamine Antidépresseur
Halcion Hypnotique
Haldol Antipsychotique
Havlane Hypnotique
Humoryl Antidépresseur
Imovane Hypnotique
Ivadal Hypnotique
Ixel Antidépresseur
Lamictal Thymorégulateur
Largactil Antipsychotique
Laroxyl Antidépresseur
Léponex Antipsychotique
Lexomil Anxiolytique
Lithium Thymorégulateur
Lorazepam Anxiolytique
Loxapac Antipsychotique
Ludiomil Antidépresseur
Lysanxia Anxiolytique
Marsilid Antidépresseur
Miansérine Antidépresseur
Moclamine Antidépresseur
Neuleptil Antipsychotique
Neurolithium Thymorégulateur
Neurontin Thymorégulateur
Noctamide Hypnotique
Noctran Hypnotique
Noctyl Hypnotique
Nopron Hypnotique
Norset Antidépresseur
Novazam Anxiolytique
Nozinan Antipsychotique
Nuctalon Hypnotique
Orap Antipsychotique
Paroxétine Antidépresseur
Pertofran Antidépresseur
Phénergan Hypnotique
Piportil Antipsychotique
Prothiaden Antidépresseur
Prozac Antidépresseur
Quietiline Anxiolytique
Risperdal Antipsychotique
Rivotril Anxiolytique
Rohypnol Hypnotique
Sémap Antipsychotique
Seresta Anxiolytique
Séroplex Antidépresseur
Séropram Antidépresseur
Solian Antipsychotique
Stablon Antidépresseur
Stilnox  Hypnotique
Stresam Anxiolytique
Sulpiride Antipsychotique
Surmontil Antidépresseur
Synédil Antipsychotique
Tégrétol Thymorégulateur
Témesta Anxiolytique
Téralithe Thymorégulateur
Tercian Antipsychotique
Théralène Hypnotique
Tiapridal Antipsychotique
Tiapride Antipsychotique
Tofranil Antidépresseur
Topiramate Thymorégulateur
Tranxène Anxiolytique
Trileptal Thymorégulateur
Urbanyl Anxiolytique
Valdoxan Antidépresseur
Valium Anxiolytique
Veratran Anxiolytique
Victan Anxiolytique
Xanax  Anxiolytique

Xéroquel

Zoloft

Antipsychotique

Antidépresseur

Zolpidem Hypnotique
Zopiclone Hypnotique
Zyban Antidépresseur
Zyprexa Antipsychotique

 

Attention: l’appartenance d’un médicament à une classe ne limite pas forcément ses effets à cette classe (par exemple, beaucoup des médicaments classés comme antidépresseurs sont efficaces contre les troubles anxieux).

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:26

Dans le numéro de février 2013

Pour une fois que ce sujet est plutôt bien traité dans la presse....

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Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:13

 Femme-enceinte.jpg

La prise de médicaments pendant une grossesse est toujours un sujet délicat, et la plupart des femmes préfèrent les éviter au maximum, ce que l’on peut comprendre. Mais il existe des cas où une maladie chronique ou récente nécessite un traitement, et la question des risques pour l’enfant à naître se pose alors tout particulièrement.

Parmi les troubles psychiques, les dépressions et les troubles anxieux (TOC, attaques de panique, phobies sociales) sont fréquents et touchent notamment des femmes jeunes en âge d’avoir des enfants. Quand d’autres traitements existent et peuvent être mis en œuvre, comme les psychothérapies, le choix se porte naturellement plutôt vers eux. Mais certaines femmes connaissent des rechutes graves lors des diminutions ou de l’arrêt des antidépresseurs, et il est alors justifié de les poursuivre pendant toute la grossesse et après. Même si le principe de précaution s’applique particulièrement dans ce contexte, il existe maintenant plusieurs médicaments qui peuvent être prescrits sans risque connu chez la femme enceinte, et c’est une possibilité que les médecins proposent assez régulièrement à leur patiente, la décision finale leur revenant bien sûr. Cette décision doit être basée sur une information claire et la plus complète possible. Les données pharmacologiques et épidémiologiques confortent, depuis plus de 20 ans dans certains cas, la sécurité d’utilisation de certains antidépresseurs « sérotoninergiques » pendant la grossesse, sans sur-risque significatif de malformation ou de séquelle quelconque pour le bébé. Bien sûr, l’absence totale de risque, notamment à long terme, est difficile à démontrer, mais toutes les observations scientifiques dans ce domaine sont rassurantes.

Une nouvelle grande étude, parue début janvier 2013 dans le Journal of the American Medical Association apporte des informations rassurantes supplémentaires sur la question particulière du risque vital pour les bébés de mères recevant des antidépresseurs. Il s’agit d’une très vaste enquête portant sur plus de 1,6 millions de femmes ayant eu un enfant dans 5 pays du nord de l’Europe au cours des dernières années. En analysant les facteurs de risque (contexte médical et psychiatriques, autres éléments favorisants, etc.), cette étude montre que le fait d’avoir pris un antidépresseur sérotoninergique pendant la grossesse (1,8% des femmes) n’augmente en rien le risque de décès du bébé, avant ou lors de la naissance, risque qui s’élève à environ 0,4% dans l’ensemble de la population.

Tout en rappelant que la prescription de ce type de traitement relève d’une décision médicale approfondie et d’une discussion au cas par cas, on peut donc considérer que cette étude très solide au plan scientifique apporte des éléments d’information importants pour conforter la possibilité d’utilisation de certains antidépresseurs pendant la grossesse. Ceci peut avoir des conséquences notables pour le bien-être des femmes enceintes, et donc aussi indirectement pour celui des bébés à naître.


   Autre article sur le même thème : peut-on prendre un antidépresseur pendant la grossesse ?

Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:00

Récemment, différents articles et émissions  ont soulevé la question de l'utilisation des antidépresseurs  en général et en France en particulier, avec le plus souvent  des analyses assez critiques

Mes observations sont les suivantes :

- l'efficacité des antidépresseurs (globalement en tant que famille de médicaments) dans les dépressions graves n'est aujourd'hui plus discutable, après près de 50 ans d'utilisation pratique et d'études scientifiques;

- il est parfois difficile de prouver l'effiacité de nouvelles molécules car les critères d'évaluation sont devenus très exigeants (et c'est une bonne chose), et les études sont réalisées en général en choisissant des patients souffrant de dépression peu sévères car les autres sont bien soignés avec les traitements existants; il est vrai que la plupart des antidépresseurs sont moins efficaces dans les dépressions légères que les dépressions sévères, ce qui peut paraitre paradoxal mais les personnes ayant des dépressions légères sont très sensibles à toute forme de prise en charge psychologique ou médicale, avec donc un effet "placebo" important (et il faut qu'un médicament soit plus efficace que le placebo pour être reconnu comme utile);

- les administrations publiques chargées d'examiner les nouveaux antidépresseurs proposées par les laboratoires pharmaceutiques mettent en place aujourd'hui des procédures extrêmement rigoureuses pour surveiller l'efficacité et les risques des nouvelles molécules, et elles disposent de l'ensemble des résultats de toutes les études réalisées, et naturellement pas seulement de ceux qui ont été publiés par les laboratoires; ceci est une garantie d'objectivité dans les décisions qui sont prises.

   Au total, l'efficacité des antidépresseurs disponibles est certaine dans les dépressions graves, mais leur intérêt est discutable dans les dépressions légères, et il est en général préférable d'avoir recours à d'autres modalités de traitement (psychothérapies surtout) quand cela est possible et quand la dépression semble peu sévère,mais c'est au médecin et au patient d'en décider ensemble.

   Le placebo marche dans certaines dépressions, mais n'est pas suffisant le plus souvent, les rechutes sont rapised et, de toute façon, aucun patient n'accepterait de prendre un médicament si on on lui disait qu'il ne s'agissait que d'un placebo (c'est à dire d'une capsule vide).


    Les Français utilisent effectivement plus d'antidépresseurs que les autres pays comparables, mais beaucoup de personnes sévèrement déprimées ne sont pourtant pas encore traitées comme il le faudrait.

    Pour les dépressions (ou l'anxiété) légères, il est nécessaire de développer des soins alternatifs, et de donner un plus grand accès aux psychothérapies, notamment en proposant leur remboursement par la sécurité sociale, car certaines comme les thérapies comportementales et cognitives ont prouvé leur efficacité.




24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:22

Pour soigner une dépression, le recours aux antidépresseurs est parfois indispensable, et parfois inutile. Et puis, le plus souvent, la décision doit être prise après une analyse précise et individuelle de la situation, entre le patient et son médecin, car les arguments du choix sont individuels et complexes.

Voici, très schématiquement, les situations dans lesquelles des règles simples peuvent s'appliquer :

1. Les antidépresseurs sont indispensables :
  - quand le patient doit être hospitalisé car il ne peut plus s'alimenter ou assumer les besoins de la vie quotidienne
  - quand la dépression altère gravement la vision de soi et du monde (idées de culpabilité injustifiées, conviction que l'avenir est bouché ou forcément catastrophique, etc.)
 - ou encore quand la "douleur morale" est permanente, envahissante, insupportable.

 2. Les antidépresseurs sont inutiles :
 - quand la tristesse est très légère et ne s'accompagne d'aucun autre symptôme de dépression (pas de fatigue, de découragement, de problèmes de sommeil ou d'appétit; etc.)
 - quand les problèmes psychologiques sont très récents (moins d'une semaine)
 - quand la souffrance est absente et qu'il n'existe par exemple que des questionnements sur soi-même, son passé  ou l'avenir, qui doivent plutôt conduire à envisager une psychothérapie.

3. Dans tous les aures cas, les antidépresseurs peuvent être plus ou moins efficaces, plus ou moins nécessaires.  Des élements  médicaux et psychologiques très personnels doivent être pris en compte pour la décision. Quand le diagnostic de dépression est établi par le médecin, il est parfois nécessaire de procéder de manière assez pragmatique car il n'existe pas toujours de certitude sur l'efficacité du médicament chez une personne donnée : on en essaye un, puis un autre si nécessaire, et on juge (après plusieurs semaines), des avantages et des inconvénients.

 

Malgré ce que prétendent beaucoup de détracteurs (non médecins le plus souvent), les antidépresseurs apportent bien plus que les placebo, même si une partie de leur efficacité peut être attribuée à un effet placebo. Leurs effets sont durables et protègent contre les rechutes, ce qui n'est pas le cas des placebos.

24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:14

    Les antidépresseurs, à ne pas confondre avec les anxiolytiques, sont des médicaments efficaces contre la dépression sévère et plusieurs types de troubles anxieux (phobies sociales, TOC, anxiété généralisée).

    Il s'agit de traitements de fond, efficaces en quelques semaines, et qu'il faut prendre au moins plusieurs mois pour éviter une rechute. On les connait depuis environ 50 ans, mais ceux qui sont les plus souvent prescrits datent des années 1990 ou 2000, et leur "succès" est lié à leur simplicité et leur faible dangerosité. Ils n'engendrent pas de dépendance, c'est-à-dire qu'ils peuvent être arrêtés sans grande difficulté, quand on décide de le faire.

    Cependant, comme tous médicaments actifs, les antidépresseurs peuvent avoir des effets secondaires, et il vaut mieux les connaitre pour y répondre correctement. J'indiquerai ici uniquement les effets secondaires les plus courants, pour les antidépresseurs les plus souvent prescrits. Naturellement, pour toute question plus précise, il est nécessaire de s'adresser à son médecin ou à son pharmacien.

Effets secondaires pouvant apparaître en début de traitement, parfois dès la première prise :

        - nausées, très rarement vomissements

        - somnolence, fatigue

        - insomnie

        - anxiété, tension nerveuse

    Aucun de ces symptômes n'est réellement grave, mais ils peuvent être plus ou moins gênants. Dans la plupart des cas, ils passent en quelques jours, même en continuant le traitement à la même dose. Parfois, il peut être nécessaire de baisser transitoirement la dose pendant quelques jours. Il est préférable en général de prendre les antidépresseurs le soir, ce qui permet de moins sentir les effets secondaires pendant la nuit. Les prendre au milieu ou au début d'un repas permet d'atténuer les nausées. Quand celles-ci sont très fortes, elles peuvent justifier de prendre un traitement spécifique pendant quelques jours (anti-nauséeux comme le Vogalène).

    En moyenne, 20 à 25% des personnes commençant un traitement antidépresseur peuvent avoir ces symptômes (ou d'autres plus rarement), ce qui signifie que plus de 75% n'ont aucune difficulté.

    Les effets secondaires initiaux passent le plus souvent en moins d'une semaine. Rarement, ils peuvent persister et constituent une gêne réelle, qui peut justifier d'arrêter le traitement. Tous les effets symptômes secondaires disparaissent alors rapidement. La solution est alors d'essayer un autre antidépresseur, qui peut être très bien supporté car les réactions sont différentes d'un produit à l'autre, même chez la même personne.

Effets secondaires pouvant persister lors d'un traitement de longue durée :

    - prise de poids, en général par augmentation de l'appétit

    - troubles sexuels (baisse des envies, difficulté à obtenir un orgasme, etc.)

    Ces deux problèmes sont assez fréquents (15-20% environ), mais à des degrés variables selon les patients. Il est souvent difficile de savoir s'ils sont vraiment liés au traitement, car ils peuvent être aussi expliqués par la dépression ou d'autres problèmes psychologiques. Il n'existe pas de moyen radical pour les supprimer, mais certaines choses peuvent être essayées : diminuer un peu la dose de l'antidépresseur, mais toujours sur l'avis du médecin car il faut que le traitement reste actif sur la dépression; surveiller son régime alimentaire (éviter le grignotage et les aliments les plus caloriques) et avoir une activité physique régulière.

    En cas de difficulté, l'essentiel est d'en parler avec le médecin et non pas d'arrêter le traitement seul et se retrouver alors sans aide. Si des effets secondaires sont réellement un obstacle à la prise d'un médicament, des solutions doivent être recherchées avec le médecin, pour continuer à être soigné. Aujourd'hui, grâce au nombre important de  types de médicaments différents dont nous disposons, il est presque toujours possible d'en trouver un qui convient !

    Enfin, certaines personnes anxieuses ou plus ou moins "hypochondriaques" sont beaucoup plus sensibles aux effets secondaires de tous les médicaments, antidépresseurs et autres. Même involontairement, leurs inquiétudes peuvent faciliter l'émergence et le maintien de certains symptômes, toujours difficiles à expliquer clairement (ce que les médecins appellent l'effet nocebo, l'effet placebo à l'envers). Ce sont par exemple des maux de tête, des vertiges, des douleurs diffuses ou de la fatigue. Si vous êtes dans ce cas, il est aussi très utile d'en parler à votre médecin pour qu'il vous accompagne au mieux surtout dans la mise en place du traitement : augmenter très lentement les doses, essayer des méthodes de contrôle de l'anxiété en même temps (relaxation, parfois un traitement anxiolytique transitoire, etc.), vous expliquer ce qui peut arriver et comment y faire face, ... En tout cas, évitez d'éplucher seul les notices des boites de médicaments (la longue liste d'effets secondaires signalés provient de milliers de personnes traitées) et les forums internet, car vous risquez d'être influencé à tort. Ces réactions sont souvent très individuelles, et les solutions ne peuvent être qu'individuelles. 

Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 23:43

tee-shirt-allaitement-navy-bleuBeaucoup de femmes bénéficiant d’un traitement antidépresseur depuis plusieurs mois, et souhaitant avoir un bébé, se posent légitimement la question. De même, des femmes enceintes rencontrant des problèmes de dépression et d’anxiété importants peuvent être amenées aussi à cette interrogation. Aujourd’hui, il est clair que la réponse générale à cette question est positive : il est possible de prendre un antidépresseur pendant la grossesse, quand cela est absolument nécessaire bien sûr. Plus qu’à toute autre période, les patientes enceintes souhaitent initialement éviter de prendre tout médicament, et c’est naturellement la meilleure solution quand cela est possible. Mais les risques liés à une prise d’antidépresseurs pendant la grossesse sont, dans l’ensemble, bien connus et ils sont réellement très minimes. Les risques de malformation, qui existent lors de toute grossesse, ne sont pas du tout ou seulement très marginalement augmentés avec la plupart des antidépresseurs. En revanche, ne pas traiter ou arrêter le traitement d’un état dépressif sévère ou d’un trouble anxieux intense (TOC, attaques de panique, etc.) peut exposer à des rechutes graves et donc à une perturbation majeure de la grossesse, délétère pour l’état de santé et le bien-être de la mère et parfois du bébé. La décision doit bien sûr être prise en étroite concertation entre la patiente et le médecin qui s’occupe d’elle, car ce sont toujours des choix individuels.

Parmi les antidépresseurs les plus courants qui peuvent être pris à tous les stades de la grossesse (et donc même au moment de la conception), on peut citer la sertraline (Zoloft), l’escitalopram (Séroplex), le citalopram (Séropram), la venlafaxine (Effexor) et la fluoxétine (Prozac). La paroxétine (Déroxat), est plutôt déconseillée durant les 3 premiers mois de la grossesse, même si ce risque n’est pas vraiment démontré. Parmi les antidépresseurs plus anciens, et parfois plus actifs dans les dépressions sévères, on peut aussi prescrire la clomipramine (Anafranil) ou l’imipramine (Tofranil).

L’anesthésiste et l’obstétricien doivent être prévenus du traitement en cours lors de l’accouchement, mais sans l’arrêter. Avec certains antidépresseurs, une surveillance un peu plus rapprochée du bébé peut être nécessaire dans les premières heures, mais sans gros  problèmes à craindre. La phase du « post-partum » (jours suivant l’accouchement) étant la plus sensible pour les mères ayant des antécédents dépressifs ou anxieux, il est tout particulièrement nécessaire de conserver le traitement à cette période. Ceci peut avoir un certain impact sur les possibilités d’allaitement, plusieurs antidépresseurs étant contre-indiqués car ils passent dans le lait maternel. Si la mère souhaite malgré tout allaiter, le choix doit alors se porter vers la sertraline, la paroxétine ou la clomipramine.

Il est donc possible de vivre une grossesse dans de très bonnes conditions malgré des antécédents de troubles émotionnels. A noter cependant que ce qui précède ne concerne que la classe des antidépresseurs, et donc pas les autres psychotropes (anxiolytiques, somnifères, thymorégulateurs, antipsychotiques) qui posent des problèmes différents à examiner spécifiquement.

Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:26

 

                                                     enfantin-3.jpg

   Il s'agit encore de données récentes et donc fragiles, mais une étude qui vient d'être publiée dans la grande revue américaine PNAS peut alerter les médecins et les patients sur un problème concernant l'usage des médicaments antidépresseurs. Ces chercheurs estiment que la dépression pourrait reposer en partie sur des dérèglements des systèmes inflammatoires et immunitaires. Il s'agit d'hypothèses considérées aujourd'hui comme intéressantes, et beaucoup de données biologiques la confirment, au moins en partie.

   Cette équipe de New York a donc étudié les effets des médicaments antidépresseurs sur le système immunitaire, et a montré qu'ils avaient bien un effet significatif, notamment sur des molécules appelées cytokines (messagers permettant la communication de certaines cellules comme les lymphocytes). Les chercheurs ont ensuite examiné cet effet en présence de médicaments anti-inflammatoires, qui agissent également sur ce système. Les résultats montrent que les effets des antidépresseurs, sur les cytokines notamment, sont nettement réduits en présence d'anti-inflammatoires. Les effets sur les comportements dépressifs sont également réduits. Mais tout ceci est observé... chez des souris !

   Qu'en est-il donc chez l'être humain ? Pour le savoir, les mêmes chercheurs ont analysé les résultats d'une grande étude menée antérieurement sur plusieurs milliers de patients souffrant de dépression et traités par antidépresseur (citalopram). Ils ont constaté que les patients recevant, en plus d'un antidépresseur, un traitement anti-inflammatoire (aspirine, ibuprogène ou autres) pour une autre raison avaient, en moyenne, un moins bon résultat que les patients ne prenant qu'un antidépresseur. La différence de "bonne réponse" à l'antidépresseur est assez importante : 45% au lieu de 55%.

   Tout ceci demande naturellement vérification et approfondissement, mais peut inciter d'ors et déjà, quand cela est possible, à éviter l'utilisation de l'aspirine et des anti-inflammatoires en cas de traitement antidépresseur. 

Publié par MediKpsy - dans Antidépresseurs
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 16:06

   Depuis quelques années, de nouvelles méthodes de traitement de la dépression sont étudiées pour remplacer ou surtout compléter les effets des médicaments antidépresseurs et des psychothérapies. Il s'agit de nouvelles méthodes de stimulation cerébrale, surtout réservées aux dépressions sévères et insuffisamment soignées par les méthodes classiques.

   La méthode de référence pour les dépressions les plus graves reste l'électro-convulsivothérapie (ECT). Même si son utilisation est aujourd'hui très éloignée de l'image négative du passé (non douloureuse grace à l'anesthésie, très peu de risques), l'ECT reste une technique lourde qui nécessite des hospitalisations prolongées et qui peut induire des troubles de la mémoire transitoires mais inconfortables.
   Pour tenter de réduire ces inconvénients, une méthode de traitement un peu similaire mais plus simple est étudiée depuis environ 10 ans : la stimulation magnétique transcranienne (TMS ou SMT). Cette technique repose non pas sur une stimulation électrique mais sur un champ magnétique appliqué à la surface du cuir chevelu, qui permet de stimuler une région particulière du cerveau, sans anesthésie ni troubles de la mémoire. Elle est le plus souvent indolore et sans aucun danger, sous surveillance médicale. Les séances doivent cependant être répétées pendant plusieurs semaines, et il reste des incertitudes sur son utilisation optimale (quelles dépressions ? quelles modalités ? pendant combien de temps ?). De ce fait, elle ne peut être utilisée que par des équipes hopitalières spécialisées, mais il y en a de plus en plus en France.

   Une méthode un peu similaire, la "stimulation du nerf vague", a été étudiée pendant un temps mais ses résultats décevants ont freiné son développement.

   Enfin, il est probable que dans l'avenir des techniques neuro-chirurgicales basées sur l'implantation d'électrodes dans le cerveau (sans aucune modification anatomique) reliées à l'équivalent d'un pace-maker pourront être proposées aux personnes souffrant de dépression très graves et très résistantes aux thérapeutiques classiques. Quelques recherches sont menées actuellement avec des résultats intéressants, mais il s'agit bien sûr d'un traitement très lourd qui restera toujours exceptionnel.
Mots clés : TMS, rTMS, SMT, ECT
17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 05:10

Humeur triste et/ou désespoir comme plus intense que la douleur d'un deuil. La personne est sans joie et comme abattue, parfois elle est incapable de percevoir tout sentiment. En général l'humeur est au pire le matin. Chez les enfants et adolescents, cela peut se manifester par une irritabilité accrue.

Anhédonie : diminution du plaisir ou de l'intérêt pour toutes activités, y compris celles qui procurent du plaisir habituellement. Les habitudes se modifient, les passe-temps sont délaissés, tout semble monotone et vide, y compris les activités habituellement gratifiantes.

 Modification involontaire du poids : prise ou perte de 5% ou plus du poids habituel en un mois. Eventuellement, modification récente de l'appétit

Troubles du sommeil : diminution (insomnie) ou augmentation (hypersomnie) du temps de sommeil

Troubles de la concentration ou du processus de prise de décision

Troubles du comportement : agitation ou ralentissement rapportée par l'entourage.

Asthénie : sensation de fatigue ou de diminution d'énergie

Sentiments de culpabilité hypertrophiés, souvent injustifiés et liés à l'auto-dépréciation du patient.

Idées noires : volonté de mourir, idées suicidaires actives, avec ou sans plan spécifique, finalement tentative de suicide.