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Ce blog est un lieu d'information sur les problèmes d'anxiété, de dépression et toutes autres difficultés psychologiques et les traitements existant pour ces troubles. Avec une volonté d'optimisme et de dédramatisation, dans l'optique de la psychiatrie positive.

Il ne s'agit en aucun cas de donner des conseils médicaux personnels.

Les informations données ici sont les plus objectives possibles, mais reflètent forcément les points de vue de l'auteur.

   Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions.

L'auteur

Antoine PELISSOLO, psychiatre

8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 11:16
Hypnose en psy : pas si simple...

L’hypnose est la méthode de traitement psychologique qui attire le plus, beaucoup de nos patients en espérant une aide presque miraculeuse dans beaucoup de pathologies. Cela vient certainement de l’ancienneté de cette pratique, et peut-être aussi de l’impression de simplicité d’une technique dans laquelle le patient n’a apparemment aucun effort à produire, et se montre soulagé en quelques séances seulement. Tout ceci n’est pas complètement faux, mais est loin d’être complètement vrai !

L’état d’hypnose est un état de conscience unique, situé entre le sommeil et l’éveil. L’esprit y est « dissocié », c’est-à-dire que certaines fonctions échappent à la volonté de la personne et peuvent produire des comportements ou des pensées non habituelles chez elle. Dans certains spectacles, l’hypnotiseur semble prendre le contrôle de la personne de manière très autoritaire en la faisant « obéir » au doigt et à l’œil. C’est souvent impressionnant, et assez mystérieux, mais de tels résultats ne s’obtiennent que chez des personnes réceptives, beaucoup ne répondant que très peu à ce type d’injonction, même sans opposition volontaire.

En médecine, les méthodes sont plus subtiles et mesurées, et leur utilisation se repend de plus en plus comme alternative aux médicaments. Qu’il s’agisse de traiter des douleurs ou de les prévenir, par exemple lors d’une opération chirurgicale, ou d’essayer d’intervenir sur des troubles psychosomatiques, l’hypnose médicale moderne se rapproche en grande partie de la sophrologie. Pas vraiment endormi, l’esprit dissocié n’est plus complètement sous contrôle de la volonté, ce qui donne théoriquement accès à des contenus cachés de la mémoire ou des émotions. Commence alors le véritable travail soignant, au travers notamment d’injonctions ou de suggestions. Pour des problèmes psychologiques simples, cette approche peut être très utile, comme la relaxation ou la sophrologie. Cependant, rien ne garantit que les effets obtenus soient véritablement durables. En cas de problème psychologique ou psychiatrique sérieux et de longue durée, tout dépend en fait des méthodes qui pourront être associées à l’hypnose. L’image que j’utilise est celle du scalpel : l’hypnose permet « d’ouvrir » l’esprit comme un chirurgien ouvre la peau ou un organe, mais il faut ensuite intervenir sur la pathologie elle-même, avec un traitement efficace. Des thérapeutes utilisent l’hypnose en plus de méthodes de thérapie cognitive ou psychanalytiques et obtiennent de bons résultats. On ne peut donc pas parler d’efficacité de l’hypnose en général, car cela dépend surtout de la qualité du thérapeute lui-même et des méthodes qu’il utilise.

D’ailleurs, quasiment aucune étude scientifique n’a démontré l’efficacité de l’hypnose dans une affection psychique caractérisée, c’est-à-dire en dehors d’un stress simple ou de manifestations psycho-somatiques transitoires. Dans les phobies et les états post-traumatiques, souvent présentés comme très sensibles à l’hypnose, très peu de recherches rigoureuses ont été réalisées (en tenant compte notamment des effets placebo) et presque aucune d’entre elles n’est concluante. Dans les addictions, notamment au tabac, les effets ne sont que partiels et aléatoires. Dans la dépression, il n’existe pas d’études rigoureuses vraiment probantes.

Finalement, de manière un peu paradoxale, l’hypnose semble aujourd’hui plus intéressante en médecine pour la partie « soma » que pour la partie « psycho ».

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Publié par MediKpsy
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